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Faits divers – Justice

"Pas de noirs, pas d'arabes, pas de jaunes" : le procès pour discrimination d'une agence immobilière au tribunal d'Evry

mardi 11 septembre 2018 à 18:39 Par Sylvie Charbonnier, France Bleu Paris et France Bleu

Le patron d'une agence immobilière de Palaiseau en Essonne et son fils comparaissent, ce mercredi, devant le Tribunal Correctionnel d'Evry. Ils sont soupçonnés d'avoir incité leurs chargés de clientèle à refuser des dossiers, selon l'origine des clients. Une affaire dévoilée il y a 12 ans.

Procès du patron d'une agence immobilière de Palaiseau au tribunal d'Evry
Procès du patron d'une agence immobilière de Palaiseau au tribunal d'Evry © Maxppp - .

Évry, France

L'affaire remonte à février 2006, lorsque l'une des chargées de clientèle de l'agence immobilière Alvimmo de Palaiseau (Essonne), après avoir prévenu SOS Racisme, filme son patron, en caméra cachée. Ce qu'elle veut : faire savoir que les chargés de clientèle de l'agence doivent privilégier certains clients en fonction de leur couleur de peau. La vidéo est alors diffusée dans l'émission d'Elise Lucet "Pièces à conviction", sur France 2. Malgré tout, il faudra attendre plus de 12 ans pour que l'affaire arrive au tribunal. 

Les clients n'ont jamais porté plainte

Depuis 2006, l'affaire, portée par Samuel Thomas, d'abord pour SOS Racisme, puis pour la Maison des Potes, n'a jamais pu être portée en justice. Pour commencer, aucun client n'a jamais porté plainte. 

Ensuite, les magistrats n'ont pas voulu, pendant plusieurs années, prendre en compte la fameuse vidéo tournée en caméra cachée. Enfin, difficile de démontrer que les dossiers ont été refusés par discrimination ou parce qu'ils étaient insuffisants. 

Plusieurs non-lieux

Depuis le testing de 2006 jusqu'à ce mercredi, Samuel Thomas, président de la Maison des Potes, n'a jamais lâché. C'est lui, pour son association, qui se trouve sur le banc des parties civiles. En l'espace de 12 ans, il aura été confronté à deux non-lieux. Ce n'est qu'en juillet dernier qu'il obtient une décision de renvoi et cette comparution des deux dirigeants de l'agence immobilière qui risquent jusqu'à trois ans de prison. La chargée de clientèle qui avait donné l'alerte n'a jamais pu retrouver de travail dans son domaine, depuis cette affaire.