Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Faits divers – Justice

Passer le permis AM risque de coûter plus cher

vendredi 1 mars 2019 à 12:45 Par Léa Guedj, France Bleu Paris

La formation obligatoire pour conduire des cyclomoteurs légers et des voiturettes sans permis évolue. Étalée sur deux jours, sa durée est allongée d'une heure. Son prix pourrait donc augmenter dans les moto-écoles.

Le permis AM permet de conduire des cyclomoteurs (moins de 50 cm3)  et des voiturettes, à partir de 14 ans.
Le permis AM permet de conduire des cyclomoteurs (moins de 50 cm3) et des voiturettes, à partir de 14 ans. © Radio France - Léa Guedj

C'est l'une des mesures du vendredi 1er mars. La réforme du permis AM, anciennement BSR, qui peut être obtenu à partir de 14 ans. Il permet de conduire des cyclomoteurs légers (50 cm3 ou moins) et des voiturettes sans permis. La formation sera désormais répartie sur deux demi-journées et sa durée passe de 7 à 8 heures. Une heure supplémentaire qui sera consacrée à une sensibilisation à la prévention routière, et à laquelle devront obligatoirement participer un des parents ou tuteurs légaux des enfants mineurs.

Présence des parents obligatoire

L'objectif ? "Des jeunes qui prennent la route mieux formés", explique Emmanuel Barbe. Pour le délégué à la sécurité routière, "impliquer les parents" est essentiel. Jusqu'ici, "on avait parfois des enfants qui faisaient ces heures de formation, sans que les parents n'aient la moindre idée des risques inhérents à cette pratique", estime-t-il. Désormais, selon lui, il seront incités à "insister pour que les enfants aient un casque en bon état, qu'ils attachent la jugulaire, qu'ils portent de gants, voire des chaussures montantes", et ils seront "mieux informés des questions d'assurance de la petite moto"

Les cyclomoteurs sont impliqués dans au moins 12% des accidents corporels sur la route, selon le comité interministériel de la sécurité routière. - Radio France
Les cyclomoteurs sont impliqués dans au moins 12% des accidents corporels sur la route, selon le comité interministériel de la sécurité routière. © Radio France - Léa Guedj

"Ça ne peut pas faire de mal", note Bogdan, dont la fille a suivi la formation il y a 4 ans. A ses yeux, c'est aussi une petite piqûre de rappel pour les parents. La présence de son père ou de sa mère, ça n'aurait pas déplu à Andrea qui vient de passer son permis AM en janvier dernier. Mais ce serait surtout pour les rassurer, afin qu'ils "voient que je me débrouille bien, que je connais bien le code de la route et la prévention". Si Calvin, 11 ans, a bien l'intention d'enfourcher lui aussi son scooter dans trois ans, la présence des parents ne le réjouit pas. Il craint qu'ils interviennent "toutes les deux secondes et ça risque de nous stresser encore plus".

Une heure de prévention routière supplémentaire

Elia était tout aussi impatient. Il a passé son BSR le jour de ses 14 ans. Dès la première semaine, il a eu un accident en s'engageant sur un rond-point avec son scooter. Résultat : "Le scooter est complètement bousillé". L'adolescent a eu de la chance, il n'est pas blessé mais, ce jour-là, "j'étais en jean et en pull, sans protections particulières", admet-il. A partir du 1er mars, l’équipement standard du motard devient obligatoire pendant la formation elle-même, une façon de prendre les bonnes habitudes.

16% des conducteurs de scooters ne possèdent aucun équipement, selon le comité interministériel de la sécurité routière. - Radio France
16% des conducteurs de scooters ne possèdent aucun équipement, selon le comité interministériel de la sécurité routière. © Radio France - Léa Guedj

L'heure supplémentaire sera consacrée à la sensibilisation à la sécurité routière et la formation se déroulera non plus sur une journée, mais sur deux demi-journées. "Ce sera mieux, on aura plus de temps pour s'adapter", juge Andréa.

Formation plus contraignante... et plus chère ?

Mais pour Philippe Monneret, respo,sable d'une moto-école à Meudon, ce sera surtout "très contraignant" d'obliger ses élèves à revenir deux fois. "Avant, l'adolescent venait le matin et il repartait le soir avec une formation solide, il était en immersion pendant une journée", décrit-il. Plus longue, la formation coûtera nécessairement plus cher, annonce le moniteur :"Pour les 7 heures c'était 229 euros, on va au moins augmenter de 15 euros". _"_Ça va freiner l'engouement pour le 50 cm3", prévoit-il.

Tout ça pour une mesure que Philippe juge "inutile". "La vraie formation, c'est la pratique pour bien gérer les contrôles, les problèmes d'adhérence, le positionnement sur la chaussée et la cohabitation, assène-t-il, avant d'être préoccupé par le code de la router, il faut d'abord maîtriser l'engin"

De son côté, Emmanuel défend une mesure "concertée" avec les organisations représentatives de la profession. Ces reproches, il les trouve "dérisoires" face aux "risques forts" pour une "catégorie d'usagers vulnérables" qui passe ce permis. _"_Ça va impliquer pour les moto-écoles de s'organiser différemment mais je suis convaincu que c'est utile", conclut le délégué à la sécurité routière.