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Faits divers – Justice DOSSIER : Le procès de Francis Heaulme pour le double-crime de Montigny-lès-Metz

Patrick Dils aux assises de la Moselle : "On est en train de faire mon procès ou celui de Francis Heaulme ?"

mercredi 26 avril 2017 à 18:00 - Mis à jour le jeudi 27 avril 2017 à 12:17 Par Blandine Costentin et Rachel Noël, France Bleu Lorraine Nord, France Bleu Sud Lorraine et France Bleu

Difficile journée pour Patrick Dils ce mercredi aux assises. Cité comme témoin dans le procès de Francis Heaulme pour le crime de Montigny-lès-Metz, il a été interrogé avec virulence par les avocats. Condamné deux fois, Patrick Dils a pourtant bien été acquitté en 2002 dans cette affaire.

Patrick Dils en 2006.
Patrick Dils en 2006. © Maxppp - Benoit Tessier

Metz, France

Pendant plus de trois heures, ce mercredi, Patrick Dils a été littéralement harcelé par les avocats de la partie civile et de la défense. Pourtant, c'est bien Francis Heaulme qui comparaît depuis mardi devant les assises de la Moselle pour le meurtre de deux enfants en 1986. Mais pour ce crime, Patrick Dils a été condamné deux fois (1989 et 2001) avant d'être acquitté en 2002. Malgré ses 15 années de prison, il semble qu'il n'ait pas fini de payer.

Des aveux insoutenables

Au début, c'est le président de la cour d'assises qui pose les questions. Patrick Dils intervient en visioconférence depuis Bordeaux. Le ton est calme bien qu'un peu anxieux. Il raconte l'après-midi du 28 septembre 1986, le jour du crime, dans cette rue de Venizelos où il habitait et près de laquelle Alexandre et Cyril sont morts.

VOIR AUSSI : Vidéos - Affaire de Montigny, avant le procès Heaulme, retour sur les lieux du crime

Patrick Dils avait 16 ans, se décrit comme un garçon doux et mal dans sa peau. Placé en garde à vue, il avoue sous la pression et livre des descriptions insoutenables. Il explique qu'en avouant, il espérait échapper à cette pression.

L'audition se poursuit avec Me Rondu, l'avocat de la grand-mère d'Alexandre : il est dans la procédure depuis les tout débuts et il a fait face à Patrick Dils pour la quatrième fois. Les questions se succèdent sur les aveux, les pierres que Patrick Dils a décrites. La "confession" du suspect d'alors est lue à l'audience.

Patrick Dils explose : "Qu'est ce que ça veut dire ? On est en train de faire mon procès ou on fait celui de Heaulme !" Un autre avocat de la partie civile enchaîne, Patrick Dils souffle, hoche la tête l'air atterré. "C'est hallucinant", proteste-t-il, mais le président n'intervient pas et laisse s'installer les silences.

Me Rondu, avocat de la grand-mère d'Alexandre Beckrich. - Radio France
Me Rondu, avocat de la grand-mère d'Alexandre Beckrich. © Radio France - Blandine Costentin

Quand les avocats de Francis Heaulme enchaînent, le ton ne s'apaise pas, bien au contraire. Me Glock livre une véritable plaidoirie pour innocenter son client, lançant au témoin : "Votre plan des lieux, il est mieux que celui de Heaulme". Un de ses confrères demande à Patrick Dils s'il était sur le talus où les enfants ont été tués le 28 septembre. "Je ne suis pas monté sur le talus", martèle-t-il. L'audition se termine sur un certain malaise.

On a besoin de savoir, au même titre que les victimes" - l'épouse de Patrick Dils

Jointe par franceinfo après l'audition devant la cour d'assises, l'épouse de Patrick Dils explique que son mari "a été étonné par la violence des propos des avocats, choqué". "On va continuer de se battre pour être heureux" ajoute Anaïs Dils, "Montigny, c'est pas un sujet qu'on aborde quotidiennement, mais c'est un sujet qui ne quitte pas notre esprit. On a besoin de savoir, au même titre que les victimes, pour tourner la page".

LIRE AUSSI le compte-rendu de la première journée d'audience : Procès Heaulme : "Montigny, c'est pas moi !"