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Faits divers – Justice

Patrick Dils : "Mon nom fait désormais partie de l'histoire, je ne peux pas être dans l'ombre"

jeudi 31 mai 2018 à 17:05 Par Pierre-Marie Gros, France Bleu Gironde, France Bleu Lorraine Nord et France Bleu Sud Lorraine

Patrick Dils est venu témoigner ce jeudi lors du colloque organisé à Bordeaux sur la justice pénale des mineurs. Condamné à la perpétuité pour le double meurtre de Montigny-les-Metz en 1986, puis acquitté après 15 ans de prison, il vit désormais en Gironde.

Patrick Dils lors du colloque sur la justice pénale des mineurs, à Bordeaux, ce jeudi
Patrick Dils lors du colloque sur la justice pénale des mineurs, à Bordeaux, ce jeudi © Radio France - Pierre-Marie Gros

Bordeaux, France

Son nom est associé à une des plus graves erreurs judiciaires de notre époque : Patrick Dils participait ce jeudi à un colloque sur la justice pénale des mineurs et à la parole sous influences à l'immeuble du département, quartier Mériadeck, à Bordeaux. Un colloque organisé par le barreau de Bordeaux et par le CRIC, le Centre de Recherche, d'Information et de Consultation sur les Droits de l'Enfant. 

Patrick Dils a fait 15 ans de prison pour rien : condamné, alors qu'il est âgé de 18 ans, aux assises à la prison à perpétuité pour le meurtre de deux enfants, en 1986 à Montigny-les-Metz, en Lorraine, il a finalement été acquitté en 2002, et ce double crime imputé à Francis Heaulme, surnommé  "le routard du crime".  Patrick Dils vit depuis quelques années du côté de Bourg-sur-Gironde. 

France Bleu Gironde : pourquoi avez-vous accepté de participer à ce colloque? 

Patrick Dils : C'est très important de témoigner, parce que c'est à travers le récit d'erreurs judiciaires, comme celle que j'ai vécu, qu'on peut fairte évoluer le système. Je ne suis pas là pour me montrer, pour qu'on me déroule le tapis rouge, mais simplement pour avoir un échange avec les magistrats, les avocats, les enquêteurs, et voir quelles solutions pourraient être apportées, et éviter de nouvelles affaires Dils. 

La justice n'a-t-elle pas changé depuis trente ans ? 

Si, bien évidemment. Il faut savoir reconnaître les choses. Les conditions de garde-à-vue ne sont plus du tout les mêmes qu'à l'époque, l'avocat est désormais présent dès la première heure de garde-à-vue, mais il y a encore des choses à améliorer. Dans des colloques comme celui-ci, les gens sont à l'écoute, et on peut proposer des choses pour faire avancer le système judiciaire. 

"Je parle de mon expérience pour faire avancer le système judiciaire" Patrick Dils

Lors de l'intervention de Patrick Dils, lors du colloque à Bordeaux - Radio France
Lors de l'intervention de Patrick Dils, lors du colloque à Bordeaux © Radio France - Pierre-Marie Gros

N'en avez-vous pas assez de revenir sur cette histoire, trente ans après ? 

La question ne se pose pas comme cela. C'est comme si je vous disais : vous allez oublier les quinze dernières années. Vous allez me répondre : pourquoi, comment? Ces quinze années en prison font partie de ma vie. Et si la tragédie que j'ai vécue peut permettre de faire avancer les choses, oui, il faut s'en servir.  La seule chose qui me gêne, c'est de devoir aller à nouveau témoigner au procès en appel de Francis Heaulme en décembre prochain; ça, c'est extrêmement lourd à porter, car je ne vois pas ce que je peux amener de nouveau pour faire éclater la vérité. Tout est dans le dossier. 

Vous vivez désormais en Gironde.  Pensez-vous pouvoir mener une vie "normale" ? 

J'estime que je suis un girondin comme un autre, mais comme j'ai un visage atypique, dont on se souvient, je suis souvent reconnu, interpellé, que ce soit lorsque je fais des courses, ou que je me ballade à Bordeaux ou aux bords de la Gironde. Mais tout se passe très, très bien. Les sollicitations sont toujours très positives, et on m'encourage à continuer les combats que j'ai menés jusqu'à aujourd'hui. 

Réclamez-vous le droit à l'anonymat aujourd'hui ? 

Vous savez, contrairement à beaucoup d'autres qui passent leur vie à accéder à la notoriété, j'ai toujours souhaité retourner dans l'ombre. Mais je suis loin d'être idiot. Mon nom faisant partie de l'histoire de la justice de ce pays, je ne peux pas retourner dans l'ombre. J'ai appris à vivre avec mon nom, un nom dont je suis très fier. 

"J'ai appris à vivre avec mon nom et mon histoire" Patrick Dils