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Faits divers – Justice

Pau : le procès ce jeudi d'un retraité accusé de pédophilie

jeudi 10 janvier 2019 à 8:56 Par Daniel Corsand, France Bleu Béarn

Alain, 71 ans, est jugé ce jeudi pour des faits d'agressions sexuelles sur mineurs de moins de 15 ans, et de corruptions de mineurs. Pendant plus de 20 ans, il a abusé d'adolescents qu'il attirait dans son appartement du centre-ville de Pau.

La salle des pas perdus du palais de justice de Pau
La salle des pas perdus du palais de justice de Pau © Radio France - Daniel Corsand

Pau, France

Le tribunal correctionnel de Pau va juger ce jeudi après-midi un homme de 71 ans. Alain est accusé d'agressions sexuelles sur mineurs de moins de 15 ans et de corruptions de mineurs. Les victimes sont des jeunes enfants ou pré-adolescents. Deux seulement se sont constitués partie civile, mais il y a une demi douzaine de victimes en tout. Des faits compris entre 1994 et octobre 2016, la date de son arrestation. 

Le "papy" voisin

C'est le fils de sa voisine qui a permis la révélation de cette affaire sordide. Alain était le voisin de confiance de cette maman qui lui confiait son fils de 5 ans seulement. À l'école, l'enfant a raconté à des assistantes maternelles les "gazouilles" avec le voisin de sa mère, une femme vulnérable qui élève seule cet enfant. Alain se fait appeler "papy" ou "grand-père."

Tout ce qui est sexualité pour les enfants de cet âge là, c'est un langage étranger. Donc pour lui, ce qu'il a subi, il le trouvait normal, parce qu'on lui faisait des cadeaux. Il ne voulait pas dire non. Quand ce garçon a appris que ce qui a été fait était interdit, là, il y a eu une énorme culpabilité, se disant : "je n'ai pas été assez fort pour refuser". C'est quelqu'un qui s'en veut beaucoup. Mais ça correspondait vraiment à un grand père qui pouvait l'aider et qui pouvait l'aimer. — L'avocate d'une des victimes

Me Béatrice Spitéri, l'avocate de l'enfant qui a révélé l'affaire

Les autres victimes sont des adolescents âgés de 11 à 15 ans pour la plupart. Des neveux, ou des gamins qui traînaient dans le quartier. Le retraité reconnait la plupart des faits.

Un pervers méthodique

Jamais une perquisition n'a été aussi probante. Le petit appartement en rez-de-chaussée d'Alain était quasiment consacré à ces fréquentations interdites. Comme un documentaliste, Alain a tout gardé. Dans des albums, il garde les photos qu'il prenait lui. Chaque album est consacré à un garçon, avec les noms, les âges. Il y a son journal intime aussi qui dit tout dans le détail, jusqu'au plus cru, sur les uns et les autres. Avec des commentaires sur la "performance" de chacun. Il a fallu plusieurs voyages au commissariat pour déménager toutes les saisies. 

Toute sa vie au fond consistait à accueillir chez lui ces jeunes adolescents. Chez lui tout était permis. L'alcool, le cannabis, les films X. C'est comme ça qu'il les attirait. Certains étaient même très assidus. Lui même se décrit comme un éternel adolescent en quelque sorte.

Il n'avait pas conscience de cet interdit. Il se voyait lui-même comme un adolescent. Il vivait seul, isolé de sa famille. Il n'avait pas d'amis de son âge. Les relations avec autrui se limitaient à ces adolescents. — L'avocat d'Alain

Me Antoine Terneyre, un des avocats du pédophile présumé

Ces jeunes sont eux aussi embarrassés par cette affaire. C'est une des difficultés de ce dossier. Malgré des faits de viols avérés, tous ont accepté de ne retenir que les agressions sexuelles, en partie pour épargner à ces jeunes un long procès d'assises.