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Faits divers – Justice

Pau : pas de procès pour le cannibale de Nouilhan

mardi 19 juillet 2016 à 14:19 Par Daniel Corsand, France Bleu Béarn et France Bleu Poitou

Sans surprise la chambre de l'instruction a confirmé l'irresponsabilité pénale de Jérémy Rimbaud. Le cannibale de Nouilhan est "confié" à l'institution psychiatrique où il est admis dans une unité fermée.

Jérémy Rimbaud lors de sa comparution
Jérémy Rimbaud lors de sa comparution © Radio France - Daniel Corsand

Nouilhan, France

Jérémy Rimbaud, le cannibale de Nouilhan ne sera pas jugé. La cour d'appel l'a exonéré de toute responsabilité pénale. En novembre 2013, ce palois, un ancien militaire de 26 ans (il en a 28 aujourd'hui), a fait irruption dans une maison à Nouilhan, dans les Hautes-Pyrénées. Il a tué un vieil homme de 90 ans, avant de lui manger le cœur et la langue. Il a ensuite tenté de tuer un autre habitant du village.

Abolition du discernement

Le 28 juillet dernier, Jérémy Rimbaud a comparu devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Pau. C'est cette juridiction qui est compétente pour prononcer les non-lieux psychiatriques. C'est la juge d'instruction chargée de l'enquête qui l'a saisie après que les experts psychiatres ont unanimement déclaré le cannibale de Nouilhan irresponsable pénalement. Cette chambre a rendu sa décision ce mardi matin : le discernement de Jérémy Rimbaud était aboli au moment des faits, comme le disent les textes du code pénal.

Une folie meurtrière

Cet ancien militaire a développé, après avoir servi en Afghanistan, une forme très sévère de schizophrénie. Il était la proie de ses hallucinations. Avant les faits, il a erré à pied pendant 5 jours après avoir quitté son appartement de Pau où il vivait avec sa compagne. Il a divagué au gré de ses délires interprétatifs : il déduisait son itinéraire de la forme des nuages ou des arbres. Il voulait tout à la fois rejoindre son ancien régiment à Poitiers et "rallumer le feu du mal du bunker" a-t-il expliqué aux enquêteurs. Des voix lui intimaient l'ordre de tuer deux personnes. Quand il a aperçu sa victime, ce vieil homme de 90 ans, derrière sa fenêtre, il a cru voir tout à la fois un cochon et un taliban. Ce sont ces mêmes délires qui l'ont poussé à le mutiler à ce point : il lui a coupé la langue et arraché une partie du cœur avant de les faire cuire et de les manger. Avant de partir il a tenté de brûler la dépouille.

Les précautions de la justice

Ce non lieu psychiatrique est également accompagné de mesures de sûreté. La justice ordonne également une hospitalisation complète, c'est à dire dans une unité fermée. Depuis sa garde à vue, Jérémy Rimbaud n'a pas quitté l'unité pour malades difficiles de l’hôpital psychiatrique de Cadillac, en Gironde. Toute modification de ce régime devra recevoir l'aval d'une décision de justice. Et les représentants des victimes devront être mis au courant. Par ailleurs Jérémy Rimbaud est interdit de présence dans les Hautes-Pyrénées, de détenir une arme et de fréquenter ses victimes ou leurs proches.