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Faits divers – Justice

Pédophilie : "des choses abominables" retrouvées chez un chirurgien accusé de viols et agressions sexuelles

- Mis à jour le -
Par , France Bleu, France Bleu La Rochelle, France Bleu Poitou, France Bleu Armorique

Des carnets décrivant des "choses absolument abominables" ont été retrouvés au domicile d'un chirurgien accusé de viols et agressions sexuelles sur au moins quatre mineurs. L'homme est incarcéré à Saintes, en Charente-Maritime, dans l'attente de son procès. Il pourrait y avoir jusqu'à 200 victimes.

Le chirurgien aurait agressé sexuellement des mineurs en phase de réveil
Le chirurgien aurait agressé sexuellement des mineurs en phase de réveil © Maxppp -

Jonzac, France

Il est en détention provisoire depuis mai 2017 à Saintes, accusé de viols et d'agressions sexuelles sur quatre mineurs, mais ses victimes pourraient être plusieurs dizaines, voire 200 partout en France. Les enquêteurs ont retrouvé au domicile de Joël Le Scouarnec, médecin de 68 ans qui a notamment exercé pendant près de 10 ans en chirurgie viscérale à l'hôpital de Jonzac, en Charente-Maritime, des carnets qui décrivent "des choses absolument abominables". Cette découverte comprend notamment un "carnet avec deux répertoires", qui consigne les "noms et prénoms de jeunes filles et garçons mineurs, avec la narration de faits très précis les concernant". 

200 noms, autant de victimes potentielles

C'est le journal La Charente libre qui révèle cette découverte ce mardi. Selon le quotidien, le docteur a exercé dans des hôpitaux bretons, en Touraine, et à Jonzac, et 200 noms figureraient dans ces carnets. Soit autant de victimes potentielles recensées partout en France. Impossible pour l'instant de savoir si ces faits sont avérés ou fantasmés, mais si ces faits étaient confirmés par les victimes, Fransesca Satta, l'avocate de la famille d'une des victimes estime sur Franceinfo que cet homme serait "un pédophile de grande envergure, particulièrement dangereux pour notre société". 

L'avocate évoque aussi "des petits baigneurs retrouvés cachés sous les lattes du plancher". Ces objets "lui servaient d'exutoires sexuels", assure-t-elle, évoquant également "des photos de lui dénudé, en érection, portant des perruques".

Témoignage d'une fillette de 6 ans

Son interpellation est intervenue après le témoignage d'une fillette de 6 ans, voisine du médecin, auprès de son père. La petite fille avait, selon les informations de nos confrères de Franceinfo, raconté à ses parents avoir vu le "zizi" du voisin. Après avoir décrit une scène de masturbation, la fillette a fini par dire à ses parents que le sexagénaire s’est déshabillé et évoque une pénétration. 

D'autres investigations sont en cours pour identifier d'autres potentielles victimes. Selon Franceinfo, ces recherches menées par la section de recherches de la gendarmerie de Poitiers (Vienne) ont permis de récolter de nouvelles plaintes, une petite dizaine pour le moment. Les gendarmes s'attachent à retracer le parcours professionnel et personnel du médecin. 

Indre-et-Loire puis Morbihan

Joël Le Scouarnec a débuté sa carrière de chirurgien digestif à Loches, en Indre-et-Loire, où il a fondé la clinique de la Fontaine avec deux confères, avant qu’elle ne ferme en 1988. Le médecin a reconnu lors d’une audition des agressions sexuelles commises à cette époque. Il est ensuite intervenu à l’hôpital de Loches, jusqu’en 1990, avant de partir pour la Bretagne, à Vannes, dans le Morbihan. Là-bas, il avait été condamné en 2005 pour détention d'images pédopornographiques. 

Quatre dossiers pour viol sur mineurs

L'homme est aujourd'hui mis en cause dans quatre dossiers pour viol sur mineurs dont une petite fille de sa propre famille. Il est aussi poursuivi pour exhibition et consultation et diffusion d'image pédopornographique. S'il reconnaît les agressions sexuelles, il conteste en revanche, la matérialité de la pénétration.

Concernant la deuxième enquête, son avocat, maître Thibault Kurzawa, assure ne pas être au courant pour l'instant. C'est à la justice de travailler. Mais pour lui, rien ne permet de conclure que son client est l'auteur de viols et d'agressions sexuelles sur 200 victimes, sur la base des carnets. "Ce que je constate, c'est qu'il y a une enquête qui serait menée. Il y a des noms qui ont été cités dans ces fameux carnets. D'une part, on ne sait pas ces personnes existent réellement. D'autre part, on ne sait pas si derrière chaque nom il existe réellement un fait. Mon client, s'il ne conteste pas être l'auteur de ces écrits, en revanche, conteste formellement avoir commis ces faits", assure-t-il. 

A aucun moment il n'est possible d'établir avec certitude que tous ces écrits correspondent à des faits" - Maître Thibault Kurzawa

Pour son avocat : "mon client était une personne qui avait de graves problèmes par rapport à l'aspect sexuel de ses idées et de ses fantasmes. C'est quelqu'un qui passe effectivement son temps à retranscrire sur papier l'ensemble de ses rêves, aussi sordide soient-ils. Mais à aucun moment il n'est possible d'établir avec certitude que tous ses écrits correspondent à des faits". Thibault Kurzawa affirme enfin que son client comprend l'impact psychologique de ses écrits. Il les regrette et les qualifie lui-même d'ignobles, selon son avocat. Il se soigne en prison et voit régulièrement un psychologue.

L'homme de 68 ans a demandé sa radiation de l'Ordre des médecins en 2017. Il comparaîtra fin 2019 ou début 2020 devant la cour d'assises de Charente-Maritime pour ces faits, "susceptibles d'avoir été commis entre 1989 et 2017" selon le parquet de La Rochelle. 

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