Faits divers – Justice

Pédophilie : l'ancien directeur de l'école de Cadaujac reconnu coupable

Par Valentine Letesse et Loick Guellec, France Bleu Gironde et France Bleu jeudi 13 octobre 2016 à 4:00

Quelques minutes avant le procès au tribunal correctionnel de Bordeaux.
Quelques minutes avant le procès au tribunal correctionnel de Bordeaux. © Radio France - Valentine Letesse

Le tribunal correctionnel de Bordeaux a condamné ce mercredi soir l'ancien directeur de l'école primaire de Cadaujac pour détention de l'image d'un mineur présentant un caractère pornographique et violence avec préméditation.

Le jugement a été rendu tard dans la soirée de ce mercredi 12 octobre. L' ancien directeur de l'école primaire de Cadaujac a été reconnu coupable par le tribunal correctionnel de Bordeaux de détention de l'image d'un mineur présentant un caractère pornographique et de violence avec préméditation. Il a été condamné à trois ans de prison dont un avec sursis, l'interdiction d'exercer une activité professionnelle avec des enfants pendant cinq ans, une obligations de soins et d'indemniser les victimes.

366 000 photos et vidéos pédopornographiques

C'est "une véritable boulimie d'images" pour Noémie Saïdi-Cottier, l'un des sept avocats des parties civiles. Après un an d'instruction, ce ne sont plus 60 000 fichiers, mais plus de 366 000 photos et vidéos pédopornographiques qui ont été retrouvées sur les disques durs de l'ancien directeur d'école. Sur certaines images, ce sont ses propres élèves qu'il filmait depuis 2012 grâce à un dispositif dans une montre. Sous la douche pendant les sorties piscine, dans les vestiaires après un cours de sport ou en classe de neige dans les dortoirs. Âgé de 46 ans, cet instituteur était apprécié de ses collègues, sans histoire. C'est son ancien conjoint qui l'a dénoncé aux autorités après la terrible découverte.

Des questions toujours sans réponses

Après quatre heures d'audiences, nombreux sont les parents des petites victimes filmées à leurs insu, à se sentir toujours perdus. Une dizaine d'entre eux au final auront pris la parole au cours du procès. Notamment pour demander : pourquoi cet homme intelligent a choisi de faire carrière dans l'enseignement ? Alors qu'il a découvert son penchant pour les jeunes garçons pré-pubères à l'âge de 17 ans. Pourquoi s'il avait tellement honte, comme il l'a déclaré, n'a t-il pas démissionné ? Pourquoi avoir abandonné une thérapie chez un psychiatre au bout de trois séances ? L'accusé est mis au pied du mur. L' homme de 46 ans répond qu'il attendait "la mort". Les magistrats l'aident à formuler ses propos, l'accusé n'avait surtout pas le courage d'assumer ses actes.

"Vous qui étiez un modèle, sur le podium pour mon fils..." — Un papa au cours de l'audience.

La présidente du tribunal pour assurer la sérénité des débats insiste à plusieurs reprises : aucun enfant n'a été touché. L'expertise psychiatrique précise son profil de "pédophile abstinent", de "voyeur" et de "cyber-pédophile". Mais ce qui transcende la salle c'est la trahison. Envers, l'État pour le procureur, qui l'a décrit comme "la honte de la république". Envers les parents, qui leur ont confié la garde, l'éducation et la structuration de leurs enfants, ont plaidé les sept avocats des parties civiles. Enfin, envers ses élèves âgés de 7 à 8 ans. Dont beaucoup, le considéraient comme leur modèle.

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