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Pédophilie : l'évêque de Limoges défend le secret de la confession

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Par , France Bleu Creuse, France Bleu Limousin, France Bleu
Guéret, France

Monseigneur François Kalist a déclaré jeudi matin que le secret du confessionnal ne peut être levé "en aucun cas, pour quelque aveu ou faute que ce soit". L'évêque du diocèse de Limoges était l'invité de France Bleu Creuse.

Le secret du confessionnal ne peut être levé selon l'évêque de Limoge
Le secret du confessionnal ne peut être levé selon l'évêque de Limoge © Maxppp - Maxppp

Jusqu'où doit aller le secret du confessionnal en cas de confession d'un crime pédophile ? La réponse de l'évêque du diocèse de Limoges, a de quoi surprendre. Deux jours après les mesures annoncées par l’Église pour lutter contre la pédophilie dans ses rangs, Monseigneur François Kalist estime que "la confession sacramentelle implique le secret et ne peut pas être dépassée, être transgressée" :

"Même en cas d'abus sexuel sur des enfants ?"

"En tous les cas, en quelque situation que ce soit, pour quelque aveu que ce soit, quelque faute que ce soit."

Pédophilie: l'évêque de Limoges défend le secret de la confession

L'évêque du diocèse de Limoges explique que "l'autorité ecclésiastique peut être mise dans une situation délicate quand elle est en situation de confidence de part et d'autre."

"La difficulté vient que, souvent, les personnes saisissent l'autorité ecclésiastique et vont la mettre dans une situation délicate alors que si elles saisissaient l'autorité civile, la chose serait quand même plus claire, plus facile à gérer."

Monseigneur François Kalist ajoute que "toute confidence n'est pas confession, s'il s'agit simplement de la révélation de faits, il  va de soit que là on peut donner suite auprès de la justice".

Droit canonique, devoir civique

Lorsqu'il déclare que "la confession sacramentelle ne peut être transgressée", l'évêque du diocèse de Limoges s'appuie sur le Droit canonique_: _"Le secret sacramentel est inviolable. C'est pourquoi il est absolument interdit au confesseur de trahir en quoi que ce soit un pénitent, par des paroles ou d'une autre manière, et pour quelque cause que ce soit". (Droit canon, n°983 § 1)

Mais d'après le Code pénal, le secret sacramentel ne peut être invoqué lorsqu'il s'agit de crimes tels que la pédophilie. Si l'article 223-13 reconnaît le secret du confessionnal comme étant un "secret professionnel" au même titre que celui des médecins et des avocats, l'article 223-14 pose des exceptions :

"A celui qui informe les autorités judiciaires, médicales ou administratives de privations ou de sévices, y compris lorsqu'il s'agit d'atteintes ou de mutilations sexuelles, dont il a eu connaissance et qui ont été infligées à un mineur ou à une personne qui n'est pas en mesure de se protéger en raison de son âge ou de son incapacité physique ou psychique" (Article 223-14 du Code pénal)

Monseigneur François Kalist connaît son code canonique mais semble méconnaître le Code pénal.  L'évêque du diocèse de Limoges oublie par ailleurs que la Conférence des évêques de France a reconnu il y a plus de dix ans que _"le secret n'est pas inconditionnel" : _"Quatre éléments principaux doivent conduire à réfléchir sur l'opportunité de le lever : le bien public, le bien de celui qui a livré le secret, le bien d'un tiers innocent, et enfin le bien propre de celui qui a reçu la confidence" écrivait la CEF dans son bulletin paru en juillet 1998 et cité par Rue89 en 2010

Ainsi, si le prêtre dénonciateur qui lève le secret du confessionnal encourt la peine d'excommunication d'après le code canonique. Il encourt surtout d'après le Code pénal une peine de cinq ans d'emprisonnement et de 75.000 euros d'amende pour non-assistance à personne en danger, s'il ne lève pas ce secret alors qu'il a connaissance de faits d'agressions sexuelles sur mineur.

Réécoutez l'interview intégrale de l'évêque du diocèse de Limoges

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