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Faits divers – Justice

Pédophilie : la résilience d'Anaïs, violée par son beau-père

jeudi 16 novembre 2017 à 8:31 Par Daniel Corsand, France Bleu Béarn et France Bleu

Le jury d'assises des Hautes-Pyrénées a confirmé le premier verdict mercredi. Antonio avait fait appel. Il a continué de nier, mais c'est la victime, Anaïs, que la justice continue de croire. Un procès qu'Anaïs a voulu public.

Anaïs et son avocat Me Pardo après le premier procès il y a un an
Anaïs et son avocat Me Pardo après le premier procès il y a un an © Radio France - Daniel Corsand

Tarbes, France

Un père de famille d'Oloron de 45 ans a été condamné mercredi en appel par la cour d'assises de Tarbes à 12 années de réclusion criminelle. Il faisait appel du verdict de la cour d'assises de Pau pour le viol de sa belle fille. La cour d'assises de Tarbes a prononcé la même peine que celle de Pau. Reconnu coupable d'avoir abusé d’Anaïs entre ses 8 ans et ses 16 ans. Lors du premier procès fin septembre 2016, l'accusé a nié. Il a eu la même attitude devant ses nouveaux juges.

L'audition "choc" d'Anaïs

Au matin du deuxième jour d'audience, Anaïs, 21 ans aujourd'hui, a été entendue. Elle a raconté le calvaire de son enfance et de son adolescence. Avec le même courage qu'il y a un an. Face à la cour, Anaïs a du mal, mais elle s'accroche à cette barre et à sa volonté d'en dire le plus possible. De ne rien oublier. Elle a fait, dans sa tête, la liste de ce qu'elle tient à dire. Sa forte personnalité transpire de sa détermination devant les jurés. Et si de temps en temps elle faiblit, au moment d'évoquer les faits les plus crus, elle se reprend tout de suite.

Quand arrive le moment des questions de la cour, elle doit décrire le jeu odieux "de la balançoire" quand elle n'a que 8 ans. Car la cour d'assises ne se contente pas d’allégories, d'euphémismes ou d’ellipse. A partir de ses 12 ans il y a eu les pénétrations : "Je me laissais faire, j'étais une poupée gonflable. J'étais son objet". Elle doit raconter les viols dans la voiture aux vitres teintés de son beau-père. Ou alors dans la douche, le grenier et même dans le lit conjugal, trois ou quatre fois par semaine. Pour la Saint Valentin, il achetait deux roses. Une pour elle et une pour sa mère.

Après avoir entendu tout ça, la défense du beau-père qui tient en une phrase : "C'est faux. Elle se venge de mon éducation sévère", parait bien insuffisante.

La salle des Assises des Hautes-Pyrénées - Radio France
La salle des Assises des Hautes-Pyrénées © Radio France - Daniel Corsand

La résilience malgré tout

Anaïs a voulu que ce procès, comme le premier, soit public. C'est très rare dans ce genre d'affaires. C'est aussi une des rares à s'être donné un avenir. Le caractère fort d'Anaïs explique sa capacité à survivre à ce calvaire. Elle a réussi à mener à bien ses études en esthétique. Elle travaille aujourd'hui. Elle s'est même mariée en juin dernier. Son mari est son meilleur soutien, avec sa belle famille. Elle a également réussi à pardonner à sa mère, qui ne l'a pas crue pendant longtemps. Comme elle l'a expliqué à la cour, elle attend la fin de ce procès pour mener une vie de famille "normale".