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Faits divers – Justice

Pédophilie : un appel aux victimes après la remise en liberté du père Olivier de Scitivaux

La remise en liberté de l'ancien recteur de la basilique de Cléry Saint André Olivier de Scitivaux, soupçonné de viols et d'agressions sexuelles, le 23 mai dernier, a provoqué la colère et l'inquiétude des victimes. Un appel est lancé pour que d'éventuelles autres victimes se manifestent

La basilique de Cléry Saint André dont Olivier De Scitivaux était le recteur jusqu'en 2018
La basilique de Cléry Saint André dont Olivier De Scitivaux était le recteur jusqu'en 2018 © Radio France - Anne Oger

Cléry-Saint-André, France

Paul (son prénom a été modifié) a mal vécu la remise en liberté de l'abbé Olivier de Scitivaux, le jeudi 23 mai, après 10 mois de détention provisoire. Cet homme de 34 ans est une des victimes présumées de l'homme d'église, mis en examen pour plusieurs viols et agressions sexuelles depuis le mois de mars 2018. Il s'est confié au micro de Mathilde Lemaire, notre consoeur de France Info. Pendant 20 ans, Paul a vécu avec le souvenir de dizaines d'agressions sexuelles lors de camps de vacances, notamment au centre du Quinquis en Bretagne, mais aussi à Orléans et jusque dans les locaux de l'aumônerie de son collège. 

On parle de milliers d'enfants qui ont été en contact avec Olivier De Scitivaux

L'an dernier, après avoir alerté les autorités religieuses du Loiret, il a fini par porter plainte contre Olivier De Scitivaux. Une première plainte qui en a amené d'autres : ils sont quatre victimes, aujourd'hui, à s'être fait connaître au juge d'instruction. Mais pour Paul, il y a en a d'autres, forcément : "Les premiers faits datent de 1982, les seconds de 1990, et après, rien ?" s'étonne Paul. "Au cours de plusieurs décennies, cet homme a été en charge des scouts d'Europe, de la colonie de vacances, de tout le groupe scolaire privé d'Orléans, et de l'aumônerie. Donc on est en train de parler de milliers d'enfants qui ont été en contact avec lui jusqu'à très récemment, puisqu'il n'a été démis de ses fonctions qu'en 2018. Je suis persuadé qu'il s'est passé des choses, je ne vois pas pourquoi Olivier de Scitivaux se serait arrêté en chemin"

Paul, victime présumée du père Olivier de Scitivaux (le prénom a été modifié)

Un contrôle judiciaire avec interdiction de parler aux victimes

La nouvelle de la libération de son agresseur présumé a choqué Paul et les autres victimes. En début de semaine, lorsque la chambre de l'instruction de la cour d'appel d'Orléans a confirmé sa remise en liberté, leurs avocats se disaient "étonnés et inquiets" de cette décision, "à ce moment de l'enquête". L'avocat d'Olivier De Scitivaux, Maitre Damien Brossier, rappelle que pour lui, c'est tout simplement la règle de la détention provisoire : "la loi est très claire en France, elle dit qu'une personne, tant qu'elle n'est pas jugée, doit être libre". L'abbé reste placé sous placé sous contrôle judiciaire, il doit pointer chaque semaine au commissariat, il a l'interdiction d'entrer en contact, par quelque moyen que ce soit, avec les témoins ou les victimes. "C'est un homme qui est isolé et en état de faiblesse aujourd'hui, je ne suis pas inquiet sur ses capacités à respecter les obligations qui lui sont fixées"

J'ai ressenti de la peur en apprenant sa libération. Peur de savoir qu'il est en liberté, peur du signe que cela peut envoyer

Paul, lui, dit avoir ressenti de la colère, "mais surtout de la peur" dit-il. "Peur de savoir qu'il est en liberté, peur du signe que cela peut envoyer au milieu catholique orléanais. Il y a une espèce de chape de silence qui s'installe, on entend parler de témoins ou de victimes qui n'osent pas encore parler, et le signe que cela peut envoyer n'est pas très encourageant".  

Lui est libéré mais maintenant c'est à nous de nous libérer. La honte doit vraiment changer de camp

Paul, avec derrière lui les trois autres parties civiles, a donc décidé de lancer un appel, aux victimes et aux témoins. Il a créé une adresse mail : appelvictimesorleans@gmail.com, et veut lancer une page Facebook : "appel aux victimes d'Olivier De Scitivaux". "Il faut que le silence se brise. Lui est libéré mais maintenant c'est à nous de nous libérer, la honte, vraiment doit changer de camp. Le fait de faire reconnaître son statut de victime, ça fait du bien. Pour soi, pour l'institution, pour la conscience de tout le monde. Un témoin, même s'il a début d'information, il peut aider à ce que la vérité commence à se faire".

Le reportage de Mathilde Lemaire de France Info

Un numéro de téléphone à la gendarmerie du Loiret

Dès avril 2018 la brigade de recherches de la gendarmerie du Loiret avait mis en place une cellule dédiée à l'affaire, pour prendre en charge les éventuelles victimes de l'abbé De Scitivaux, ou de témoins, avec un numéro de téléphone : le 02 38 52 51 45.