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Faits divers – Justice

Pédophilie : une plainte déposée il y a 14 ans à l'origine du procès du père Peyrard

jeudi 3 mai 2018 à 19:09 Par Noémie Philippot, France Bleu Saint-Étienne Loire et France Bleu

C'est une plainte déposée en 2004 qui a permis de rouvrir le dossier du père Peyrard, prête à La Talaudière entre 1975 et 1985, et d'engager des poursuites à son égard. Cette plainte avait été classée sans suite, avant d'être réexaminée en début d'année 2018.

Le curé accusé a été en poste de 1975 à 1985 dans la paroisse de la Talaudière.
Le curé accusé a été en poste de 1975 à 1985 dans la paroisse de la Talaudière. © Radio France - SM

Saint-Étienne, France

Le père Peyrard, prêtre à La Talaudière, à Saint-Just-Saint-Rambert et dans d'autres communes de la Loire sera bien jugé à l'automne pour des faits de pédophilie. On en sait désormais plus sur le profil de la victime, dont le cas a permis de rouvrir le dossier. 

Une plainte classée sans suite en 2004

Il s'agit d'un homme de 34 ans aujourd'hui, qui a déposé plainte en 2004 (deux ans après la première plainte déposée dans cette affaire, en 2002.) Une plainte classée sans suite, "parce qu'il y a eu un moment, où _les déclarations de ce jeune homme sont devenues contradictoires et aléatoires_, et s'opposaient  à des dénégations, claires, nettes, et toujours dans le même sens du curé Peyrard qui niait les faits" explique le parquet de Saint-Etienne. 

C'est seulement en février 2018, 14 ans plus tard, que ce cas refait surface, au moment où Jean-Daniel Regnauld, l'ancien procureur de Saint-Etienne, quitte son service. Il ré-examine alors ce dossier, et "compte tenu du moment des faits qui est assez imprécis, et de l'évolution des législations depuis le début des années 90 sur les règles de prescriptions, il se demande s'il ne faut pas se reposer la question sur ce jeune homme" explique le parquet. 

Un travail d'archives et de nombreuses audiences

Les gendarmes de Saint-Etienne se replongent alors dans leurs archives, retrouvent tous les éléments de procédure, et rapprochent la plainte déposée en 2002, soumise à prescription, et celle de 2004.  À cela s'ajoutent les plaintes déposées sur le site Coabuse. Le parquet assure que tous ces faits sont prescrits, "mais on voit des modes opératoires et des gestuelles qui sont toujours les mêmes", concernant le père Peyrard.

Ces "nombreux plaignants qui se signalent" via le site Coabuse sont auditionnés, tout comme l'homme qui a déposé plainte en 2004, pour lequel les faits ne sont pas prescrits. Il fait également l'objet d'une expertise psychiatrique. Suite à cette nouvelle enquête, le père Régis Peyrard est placé en garde à vue vendredi dernier. 

Le père Peyrard face à une victime

Le procureur André Merle exige alors une confrontation entre le père Peyrard et l'homme de 34 ans qui a porté plainte en 2004, nécessaire selon lui pour faire avancer "considérablement la procédure." La rencontre se passe bien, la victime maintient sa version des faits, le curé continue de nier. 

André Merle engage des poursuites pénales à l'encontre du père Peyrard. Son procès aura lieu le 20 novembre prochain. Entre temps, le curé sera soumis à une expertise psychiatrique, "comme toute autre personne poursuivie en matière d'agression sexuelle," précise le procureur. 

Les victimes du Père Peyrard, estimées à une vingtaine, s'étaient à nouveau signalées auprès de la justice au moment l'affaire du cardinal Barbarin et du père Preynat, dans le diocèse de Lyon début 2017.