Faits divers – Justice

A Périgueux, deux mises en examen après la défenestration de Laly, une écolière trisomique

Par Antoine Balandra, France Bleu Périgord mercredi 6 janvier 2016 à 16:18

L'école du sacré coeur à Périgueux
L'école du sacré coeur à Périgueux © Radio France - Antoine Balandra

Il y a tout juste un an, Laly, une écolière trisomique de 8 ans était poussée par la fenêtre par un camarade de classe à l'école du Sacré-coeur de Périgueux. Elle n'a pas survécu à une chute de 5 mètres. L'institutrice et une travailleuse sociale de l'Aide à l'enfance ont depuis été mises en examen.

Un an presque jour pour jour après la mort de la petite Laly, une petite fille de 8 ans trisomique défenestrée, poussée par la fenêtre de sa classe (à 5 m de hauteur) par un camarade de classe à l'école du Sacré coeur de Périgueux.

La directrice de l'école a été mise en examen dans cette affaire pour homicide involontaire. La travailleuse sociale chargée de suivre le petit garçon qui a poussé sa camarade est elle aussi mise en examen pour le même motif.

Elle était la référente de l'Aide sociale à l'enfance - un service qui dépend du conseil départemental - pour ce garçon de 8 ans qui est placé dans une famille d'accueil.

Un incident antérieur non-signalé

L'enquête a été dépaysé au tribunal d'Angoulême et elle continue. Ces deux mises en examen ne seront peut être pas les dernières. Car l'avocat de la famille de Laly, maître Pierre Daniel Lamazière, estime que d'autres responsabilités pourraient être mises en causes, du côté de l'Aide sociale à l'enfance, ou de l'Éducation nationale.

En fait, le débat porte autour du non signalement d'un incident qui avait eu lieu en novembre 2013 : le petit garçon avait alors poussé une petite fille de 2 ans du balcon du premier étage de la famille d'accueil où il était accueilli. La petite s'en était tirée indemne. Mais l'incident n'avait semble-t-il jamais été signalé à la directrice de l'école par la travailleuse sociale qui suivait le petit garçon de 8 ans.

"Ma cliente ne peut pas trahir le secret professionnel, c'est une professionnelle d'expérience, irréprochable" explique l'avocat de la travailleuse sociale Maître Gonthier

Reste à savoir si le petit garçon de 8 ans devra répondre de ses actes devant la justice... Une expertise psychiatrique sur le garçonnet de 8 ans devrait conclure à une irresponsabilité. Maître Lamazière prévoit de demander une contre expertise. 

Une enfance extrêmement difficile

L'enfant en question aurait eu une enfance extrêmement difficile, avec des soupçons d'agression sexuelle et une très grande misère. Ses parents ne se sont jamais occupés de lui. Il était à l'époque des faits scolarisé dans la classe de Laly, une classe CLIS, classe d'inclusion scolaire, pour enfants à handicap mentaux et troubles du comportement.

En attendant l'enfant est toujours dans la même famille d'accueil... Il n'a plus le droit d'entrer en contact avec d'autres enfants ce qui rend sa scolarisation impossible.

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