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Faits divers – Justice

Condamné pour avoir déversé du sang humain dans la nature

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Par , France Bleu Roussillon, France Bleu

Un thanatopracteur a été condamné à un an de prison avec sursis ce mardi par le tribunal correctionnel de Perpignan. Il était poursuivi pour avoir déversé dans la nature d’importantes quantités de sang prélevé sur des cadavres.

Thanatopracteur (illustration)
Thanatopracteur (illustration) © Maxppp - Maxppp

Perpignan, France

Combien de centaines de litres de sang humain ont-ils été déversés dans la nature ? Les chiffres donnent la nausée. En deux ans, ce thanatopracteur des Pyrénées-Orientales a traité au moins 1.400 défunts.

Si l'on en croit les éminents spécialistes interrogés par les enquêteurs, le professionnel a donc collecté environ 7.000 litres de sang. Il aurait du les confier régulièrement à une entreprise spécialisée, pour incinération. Il ne l’a pas fait.

Lors des perquisitions à son domicile de Pia (Pyrénées-Orientales), les gendarmes en ont retrouvé 700 litres dans son garage, stockés dans des bocaux, en dehors de toute procédure légale. Mais le reste ?

"Le profit se niche partout"

Un ancien salarié, aujourd’hui concurrent, affirme que l'homme avait l'habitude de s'en débarrasser sur les bords de route. Cela lui permettait d'éviter les frais d'incinération et d'offrir des tarifs défiant toute concurrence.

"Le profit se niche partout " fait remarquer le procureur. "Mais que dire du risque sanitaire généré par ce genre de déversement en pleine nature ? Imaginons qu'il y ait du sang contaminé, imaginons qu'un enfant passe par là et ramasse une fleur !"

Le prévenu conteste formellement : « jamais je n’ai versé du sang dans la nature ». Il affirme qu’il gardait tout chez lui. « Je me suis laissé déborder par mon travail et ma vie de famille ».

Mais pourquoi les enquêteurs ont retrouvé si peu de sang à son domicile ? La encore, le professionnel a une explication. C'est qu'il avait une technique bien à lui, pour préparer les dépouilles. Il prélevait beaucoup moins de sang que ses collègues.

Des arguments qui n'ont pas convaincu le tribunal : l’homme est condamné à un an de prison avec sursis, cinq ans d’interdiction d’exercer à son compte, 3.000 euros d’amende et 4.000 euros de dommages et intérêt.

"C'est un manque de respect total des familles au moment où l'on essaye de redorer le blason de la profession"

Cédric Ivanes est président du syndicat national des Thanatopracteurs. il était partie civile dans ce procès. "C'est gravissime, on parle de déchets particuliers, ce sont des êtres humains avant tout, cela signifie qu'il a déversé une partie des corps humains dans la nature ou dans des égouts, il n'y a aucun respect. On fait des études pendant deux ans, on nous apprend tout un tas de règles qu'il a oubliées, il n'a pas respecté le protocole du soin de conservation."

On essaye de redorer le blason de la thanatopraxie, de développer les soins de conservation, d'informer les familles et avec les pratiques de ce monsieur, les familles n'étaient au courant de rien et en plus il leur facturait des actes qui n'étaient pas réalisés. Sans parler de l'insalubrité publique, il déversait un tas de liquide biologique dans la nature, d'un point de vue environnemental ce n'est pas concevable."

Cédric Ivanes président du syndicat national des Thanatopracteurs