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Dossier : Mouvement des "gilets jaunes"

Un gilet jaune condamné à un an de prison ferme pour "participation armée à une manifestation" à Perpignan

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Par , France Bleu Roussillon, France Bleu

Au cours d'une audience chaotique, le tribunal correctionnel de Perpignan a condamné vendredi 14 novembre un gilet jaune à un an de prison ferme pour "participation armée à une manifestation" et "rébellion".

Plusieurs gilets jaunes étaient venus se masser devant le palais de justice de Perpignan en soutien à l'un des leurs, accusé de manifestation avec arme.
Plusieurs gilets jaunes étaient venus se masser devant le palais de justice de Perpignan en soutien à l'un des leurs, accusé de manifestation avec arme. © Radio France - Alexandre Berthaud

Vendredi 14 décembre, un homme de 28 ans a été jugé en comparution immédiate par le tribunal correctionnel de Perpignan, qui l'a condamné à un an de prison ferme avec un maintien en détention à la fin de l'audience. Il a été reconnu coupable de participation armée à une manifestation publique et rébellion. Les faits remontent à une manifestation au péage sud de Perpignan, mardi 11 décembre

Un sac cabas, des cocktails molotov

La situation ce soir là est tendue, les pompiers interviennent pour éteindre des incendies, ils sont pris pour cible par des individus, certains cagoulés, les gendarmes sont appelés en renfort pour sécuriser les lieux. Des policiers sont ensuite appelés sur place. Selon leurs témoignages rapportés au cours de l'audience, lorsqu'ils arrivent sur les lieux un groupe d'une vingtaine de personnes jette des projectiles sur l'autoroute depuis un pont la surplombant. Ils décident d'intervenir et immédiatement, le groupe se disperse. 

Le récit des deux policiers se poursuit : ils croisent à ce moment-là u des manifestants, un sac à la main, qu'il abandonne aussitôt avant de prendre la fuite. Les policiers disent ne pas le perdre de vue et se lancent à sa poursuite, le rattrapent, mais là l'individu se débat et les trois partent en roulé-boulé sur une pente de 10 mètres : un des deux agents est blessé au genou durant la chute (10 jours d'ITT). Le manifestant prend la fuite, mais, pointé par la lampe d'un troisième policier, il est rattrapé et interpellé. Il s'agit d'un habitant de Thuir de 28 ans.

La version du suspect

Le suspect lui se défend et parle d'une confusion de la part des policiers. Pour lui, il y a erreur sur la personne : oui il était bien parmi le groupe de manifestants sur le pont mais il était "venu pour tenter de les calmer" et se décrit comme "pacifiste". Selon lui l'homme que les policiers ont vu avec le sac cabas, poursuivi et qui s'est débattu s'est effectivement échappé et dans la "confusion", plaidée par son avocat, les policiers l'ont interpellé lui.

Audience perturbée

Depuis son interpellation, les gilets jaunes défendent le manifestant et sa version des faits, le décrivent comme "actif" sur les ronds-points mais "pacifique". Plusieurs d'entre eux étaient présents à l'audience. Au bout d'une minute à peine, l'une des personnes présentes dans la salle est pointée du doigt par un responsable chargé de la sécurité : il tentait d'enregistrer les débats avec un dictaphone, ce qui est formellement interdit (il se prétend journaliste, version rapidement démentie par le juge après un contrôle d'identité). La salle est vidée, restent uniquement les avocats, journalistes et l'accusé. 

Quand l'audience reprend, c'est pour pointer du doigt l'accusée et sa version, soutenue par aucun fait et démentie par trois agents de la paix, des officiers assermentés. "Vous êtes un menteur", tonne l'un des avocats des policiers quand le procureur désigne un "agitateur" et non pas un "manifestant". Il requiert 8 mois de prison ferme : les magistrats iront plus loin et prononceront une peine d'un an ferme. "Allez, assez d'agitation", conclura le juge alors que le suspect était conduit vers la prison. Il envisage peut-être de faire appel et de réclamer une analyse scientifique du sac cabas pour prouver son innocence.

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