Faits divers – Justice

Perquisition administrative en Dordogne : le couple de maraîchers bio de Lusignac victime d'un abus ?

Par Faouzi Tritah, France Bleu Périgord vendredi 11 décembre 2015 à 17:43

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Illustration © Radio France - Radio France

Le 24 novembre dernier, la ferme d'un couple de maraîchers bio était perquisitionnée dans le cadre de l'état d'urgence. Une perquisition qui a soulevé des interrogations. Aujourd'hui Manuel Valls et le président de la commission des lois Jean-Jacques Urvoas ont désavoué le préfet de la Dordogne.

Le 24 novembre dernier une perquisition était menée dans la ferme d'Elodie et Julien un couple de maraîchers bio installé à Lusignac. Une dizaine de gendarmes sont intervenus et n'avaie nt finalement rien trouvé. On sait à présent que le couple était fiché depuis trois ans pour avoir participé à une distribution de tracts au péage de Mussidan contre l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Cette perquisition avait été menée quelques jours avant la COP 21 pour éviter tous risques de troubles à l'ordre public.

Manuel Valls et le président de la commission des lois à l'Assemblée nationale ont désavoué le préfet de la Dordogne 

C’était ce vendredi chez nos amis de France Inter. Le Premier ministre Manuel Valls interrogé sur cette perquisition a répondu que le ministre de l’intérieur avait rappelé au préfet le respect de l’exigence du droit. 

De son côté, le président de la commission PS à l'assemblée nationale, Jean-Jacques Urvoas, également rapporteur de la commission d'enquête sur le fonctionnement des services de renseignement, va plus loin. Il indique que le préfet de la Dordogne à l’évidence n’avait pas utilisé à bon escient les moyens qui lui étaient donnés. Lors de la dernière communication de la préfecture de la Dordogne, le 23 novembre, le nombre de perquisitions administratives menées en Dordogne s'élevait à 26.

Le couple de maraîchers bio de Lusignac estime que le mal est fait

Pour Julien et Elodie les deux maraîchers bio de Lusignac c’est trop tard. Ils ont entendu toutes ces attentions mais ils restent amers.

Ils reconnaissent qu'il peut y avoir des abus et on dit c'est ça la démocratie. Les préjudices subis par les gens ils ne les prennent pas en compte qu'est ce qu'il en est des données qu'ils ont pris sur nos ordinateurs portables et téléphones portables ? On n'en sait rien, le cadre est toujours hyper flou !

Le préfet de la Dordogne n’a pas donné suite à nos sollicitations.