Faits divers – Justice

Perquisition chez des maraîchers à Lusignac : "Distribution de tracts contre Notre-Dame-des-Landes c'est un délit ?"

Par Pauline Ben Ali, France Bleu Périgord jeudi 26 novembre 2015 à 23:19

La zone à défendre de Notre-Dame-des-Landes
La zone à défendre de Notre-Dame-des-Landes © Radio France - Thomas Schonheere

Une perquisition administrative a eu lieu ce mercredi matin sur l'exploitation d'un couple de maraîchers bio à Lusignac, dans le cadre de l'état d'urgence.

Elodie et Julien sont installés à Lusignac depuis trois ans en tant que maraîchers bio. Mercredi matin, aux alentours de 7h, alors que le couple et leur fille de deux ans dorment, dix gendarmes arrivent chez eux pour effectuer une perquisition administrative.  

Un ami qui dormait dans le salon est réveillé par les lampes torches des gendarmes dans le jardin. Ce dernier ouvre la porte aux forces de l'ordre et va réveiller le couple qui dort à l'étage. "Il y avait une dizaine de gendarmes dans la cuisine, ils ont fouillé toute la maison en nous montrant l'ordre de perquisition."

Ordre de perquisition transmis aux maraîchers. - Radio France
Ordre de perquisition transmis aux maraîchers. © Radio France - Pauline Ben Ali

Sur le document (photo ci-dessus),  il est notifié que la perquisition a lieu dans le cadre de soupçons envers "des personnes, armes, ou objets susceptibles d'être liés à des activités à caractère terroriste". Les gendarmes fouillent toutes les pièces, inspectent les prospectus, les carnets à la recherche de la moindre information et copient tous les fichiers de l'ordinateur et des téléphones portables du couple. 

"Il y avait une dizaine de gendarmes dans la cuisine"

Durant la perquisition, Elodie tente de savoir ce qu'ils cherchent exactement. Les gendarmes évoquent alors la COP21, et une possible manifestation, arguant que tout rassemblement est interdit depuis l'état d'urgence, puis en viennent à parler d'une manifestation à laquelle les deux maraîchers auraient participé il y a trois ans. "Distribution de tracts au péage de Mussidan contre l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes,  ça vous dit quelque chose ?" auraient demandé l'un des gendarmes au couple un peu sonné. "Distribuer des tracts contre l'aéroport de Notre Dame des Landes, c'est un délit ?" s'interroge la maraîchère encore ahurie par le possible motif de la perquisition.   

Les maraîchers ne nient pas avoir été militants durant une période, mais affirment ne plus manifester depuis trois ans. Au bout de trois heures de recherche, les gendarmes ne trouvent ni d'arme ni de tract sur un quelconque rassemblement. Le préfet de Dordogne, quant à lui, à l'origine de la perquisition, ne souhaite pas s'exprimer sur le sujet.