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"Personne n'a protégé Lilian" : au procès, la partie civile dénonce les manquements du système

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Par , France Bleu Pays d'Auvergne

Ce mardi 13 octobre avait lieu à Riom la deuxième journée du procès aux assises sur l'affaire de la mort suspecte du petit Lilian, en février 2017 à Lempdes, pour comprendre pourquoi les services sociaux n'ont pas sonné l'alerte alors que Lilian était battu par le compagnon de sa mère.

Le verdict du procès en assises concernant la mort suspecte de Lilan sera rendu ce mercredi 14 octobre.
Le verdict du procès en assises concernant la mort suspecte de Lilan sera rendu ce mercredi 14 octobre. © Radio France - Théophile Vareille

Pourquoi les services sociaux n'ont-il pas pu protéger Lilian, ce garçon de quatre ans retrouvé mort le 21 février 2017 à Lempdes dans l'appartement de sa mère Laëtitia Redon et son compagnon Steven Gomes Rodrigues ? C'est la question que se posait ce mardi 13 octobre la cour d'assises du Puy-de-Dôme, lors du deuxième et avant-dernier jour du procès autour de cette affaire.

Deux infirmières, deux assistantes sociales ainsi qu'un membre de l'association d'intervention sociale Aramis ont comparu devant la cour. Tous ont expliqué ne pas s'être rendu compte des violences que subissaient Laëtitia Redon et Lilian de la part de Steven Gomes Rodrigues. 

Ce dernier a admis lundi 12 octobre lors de la première journée du procès avoir frappé à plusieurs reprises Lilian, quand celui-ci l'énervait, en faisant ses besoin sur le canapé par exemple. Il affirme par contre toujours que le petit garçon s'est tué en tombant dans l'escalier. Il a aussi reconnu avoir "mis des tartes" à sa compagne d'alors Laëtitia Redon.

Me Myriam Guedj Benayoun est avocate de la partie civile et défend l'association Innocence en Danger, elle dénonce des manquements du système qui auraient mené à la mort de Lilian.

Un voyage en Suisse et la gale comme excuses

Assistante sociale, Michèle Boyer a suivi la famille pendant les mois précédant la mort de Lilian. Pull gris sur le dos, elle explique avoir demandé à plusieurs reprises à Laëtitia Redon si elle subissait des violences, mais la mère de Lilian lui aurait toujours répondu que non. 

Ce n'est que la veille de la mort de Lilian qu'elle comprend que "quelque chose ne va pas" lors d'un appel en urgence avec Laëtitia Redon : "Elle avait une prétendue question sur le RSA, mais j'ai tout de suite compris que ce n'était pas le sujet, qu'elle ne pouvait pas parler librement, que ça n'allait pas."

Rendez-vous est pris pour le lendemain, "je voulais la voir le plus vite possible", mais il est trop tard et le lendemain Lilian est retrouvé mort à Lempdes. 

Plusieurs intervenants sociaux ont témoigné devant la cour d'assises ce mardi 13 octobre.
Plusieurs intervenants sociaux ont témoigné devant la cour d'assises ce mardi 13 octobre. © Radio France - Théophile Vareille

Institutrice de Lilian en moyenne section, Brigitte Briquet le décrit elle comme un garçon "joueur et sociable, même si un peu en retard". Jamais elle n'a vu "la moindre trace de coup" sur son corps, même en lui changeant son t-shirt une fois, explique-t-elle. Mais lorsque Lilian se fait de plus en plus absent à l'école, elle s'inquiète et tente de joindre sa mère Laëtitia Redon : "Elle m'a dit qu'ils étaient en famille en Suisse, puis pour justifier une autre absence qu'il avait la gale, mais sans fournir de certificat médical."

Ce voyage en Suisse comme la gale sont des mensonges, "pour ne pas avoir à sortir, explique Laëtitia Redon, pour cacher les traces de coups, sur Lilian et sur moi". Elle affirme que début 2017 Steven Rodrigues Gomes se fait de plus en plus violent.

J'avais peur, j'ai eu peur et j'ai encore peur aujourd'hui

"Pourquoi n'avez-vous rien dit aux intervenants sociaux ? Pourquoi ne pas protéger votre enfant ?", la presse le président de la cour d'assises. "J'avais peur, j'ai eu peur et j'ai encore peur aujourd'hui, répond Laëtitia Redon, une fois j'ai essayé de partir avec Lilian, mais M. Gomes Rodrigues m'a attrapé par les cheveux à l'arrêt de bus et m'a ramenée de force." Elle explique avoir eu "trop peur" de parler de ces violences subies aux travailleurs sociaux, inventant plutôt des mensonges pour les dissimuler.

La partie civile dénonce les manquements du système

Pour l'avocate de la partie civile Myriam Guedj Benayoun, c'est un "cas classique de phénomène d'emprise", dans lequel la personne battue n'est pas capable de dénoncer les violences subies. "Mais c'était aux travailleurs sociaux de le repérer, c'est leur métier," affirme l'avocate, qui défend l'association de protection de l'enfance Innocence en Danger.

Dans cette affaire, tout le monde sait, mais personne n'a protégé Lilian

Elle dénonce les manquements du système : "La justice a remis Lilian à Laëtitia Redon en juin 2016 alors que le père biologique dénonçait les coups reçus par son fils de la part de M. Gomes Rodrigues et qu'une enquête était en cour. Dans cette affaire, tout le monde sait, mais personne n'a protégé Lilian.

Le verdict sera rendu ce mercredi 14 octobre. A la fois partie civile et accusée, Laëtitia Redon est accusée de non-assistance à personne en danger et encourt jusqu'à deux ans de prison et 30 000 euros d'amende. Steven Gomes Rodrigues risque lui la réclusion criminelle à perpétuité.

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