Faits divers – Justice

Pesticides : la famille Murat relance la bataille judiciaire avec une nouvelle plainte

Par Pauline Pennanec'h, France Bleu Gironde et France Bleu jeudi 1 septembre 2016 à 14:34

Valérie Murat et sa famille se constituent partie civile dans l'affaire
Valérie Murat et sa famille se constituent partie civile dans l'affaire © Radio France - Pauline Pennanec'h

La famille Murat dépose une nouvelle plainte et se constitue partie civile après une première plainte classée sans suite. James Bernard Murat, vigneron du Bordelais, est décédé en 2012 d'un cancer dont le caractère professionnel lié à l’utilisation de l’arsénite de sodium a été reconnu.

La famille de James Bernard Murat, viticulteur décédé des suites d'une maladie liée à l'utilisation des pesticides, dépose une nouvelle plainte avec constitution de partie civile. En avril 2015, elle avait déposé une première plainte contre X pour "homicide involontaire" devant le pôle de santé publique du TGI de Paris. Mais elle avait été classée sans suite par le parquet, qui prétend que le lien entre la maladie et l'arsénite de sodium ne pouvait pas être établi et qu'aucune poursuite ne pouvait être engagée.

Valérie Murat a décidé de s'engager dans une nouvelle bataille judiciaire : "C'est regrettable que le parquet ne se soit pas saisi du dossier avec toutes les preuves, et en plus la mobilisation de la société civile ! J'ai le sentiment que la justice française et les magistrats doivent prendre en compte cette inquiétude de la société civile, et toute cette mobilisation" explique-t-elle.

"Il faudra que toutes les parties puissent s'exprimer et il faut qu'on mette en lumière toutes les responsabilités" réagit Valérie Murat

Une information judiciaire va être lancée, "c'est une certitude" pour Valérie Murat

Y'aurait-il un décalage entre la justice et le débat de société autour des pesticides ? "Il ne faut pas faire d'amalgames quand on parle de justice" explique Maître François Lafforgue, l'avocat de la famille. "Le parquet, dans des dossiers de santé publique, est souvent réticent à engager des poursuites pénales en se retranchant le plus souvent derrière les difficultés à établir le lien de causalité pour des cancers liés à des produits toxiques. Mais les autres juridictions reconnaissent assez largement aujourd'hui le lien entre les pesticides et les maladies contractées par les agriculteurs ou les viticulteurs" raconte l'avocat.

"L'instruction devrait être ouverte et nous demandons à la justice pénale de faire toute la lumière sur les circonstances du décès de Mr Murat" explique Maître Lafforgue

La famille demande à la justice pénale d'aller plus loin. "J'irai jusqu'au bout" lâche Valérie Murat. "Je n'ai rien à perdre, j'ai déjà perdu mon père".