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Faits divers – Justice

"Petite inconnue de l'A10" : ce que l'on sait de cette énigme criminelle résolue après 31 ans d'enquête

jeudi 14 juin 2018 à 19:27 - Mis à jour le vendredi 15 juin 2018 à 11:34 Par Viviane Le Guen, France Bleu Berry, France Bleu Champagne-Ardenne, France Bleu Orléans, France Bleu Touraine et France Bleu

31 ans après la découverte du corps d'une enfant au bord de l'autoroute A10, ses parents ont été mis en examen pour "meurtre, recel de cadavre et violences volontaires sur mineur de 15 ans" ce jeudi soir. Les parents ont été écroués.

Le père et la mère de la fillette de quatre ans dont le corps avait été découvert en 1987 au bord de l'autoroute A10 ont été mis en examen jeudi.
Le père et la mère de la fillette de quatre ans dont le corps avait été découvert en 1987 au bord de l'autoroute A10 ont été mis en examen jeudi. © Maxppp - sgaudard

Orléans, France

31 ans après la découverte du corps d'une enfant au bord de l'autoroute A10, ses parents ont été mis en examen pour "meurtre, recel de cadavre et violences volontaires sur mineur de 15 ans" ce jeudi soir. Le père et la mère ont été écroués dans la foulée. Le couple était en garde à vue depuis mardi à Orléans.

La résolution d'une énigme criminelle vieille de 31 ans

L'enquête avait débuté le 11 août 1987 après la découverte, par deux employés de l'autoroute A10, du corps d'une fillette, enroulé dans une couverture, abandonné dans un fossé au bord de l'A10 à Suèvres (Loir-et-Cher). 

Le cadavre, mutilé, portait des traces de brûlures dues à un fer à repasser et des cicatrices dues à des morsures humaines, sans doute celles d'une femme, avaient conclu les médecins légistes. Le juge d'instruction de Blois, chargé à l'époque du dossier, avait estimé qu'il s'agissait "pratiquement d'un cas d'anthropophagie avec prélèvement de chair".

La gendarmerie avait lancé la plus grande diffusion judiciaire jamais entreprise en France. Près de 65.000 écoles avaient été visitées à la rentrée scolaire, et 6.000 médecins ou assistantes maternelles avaient été rencontrés pour essayer de donner un nom à la jeune victime. Le signalement de la fillette avait été diffusé dans plus de 30 pays et sa photographie placardée dans tous les endroits publics, en vain. L'enfant avait donc été enterrée anonymement au cimetière de Suèvres (Loir-et-Cher) proche des lieux de la découverte du corps.

Les parents retrouvés grâce à un prélèvement ADN

C'est un prélèvement ADN opéré sur son frère arrêté en 2016 dans le cadre d'une affaire de violence qui a permis aux enquêteurs de remonter jusqu'aux parents, jusqu'ici inconnus, et de donner une identité à la fillette. Les enquêteurs ont trouvé une correspondance avec les traces ADN relevées sur les vêtements et la couverture dans laquelle était enveloppé le corps de l'enfant lors de sa découverte.

La "petite inconnue" se prénommait "Inass" a confirmé le procureur de la République de Blois lors d'une conférence de presse ce jeudi soir. "Née le 3 juillet 1983 à Casablanca au Maroc, elle y a demeuré 18 mois avec sa grand-mère maternelle et elle a rejoint ses parents qui demeuraient dans la région parisienne à Puteaux" a -t-il précisé.

En garde à vue, ses parents, un couple de sexagénaires originaires du Maroc et parents de sept enfants, ont donné des versions divergentes. Tous les deux ont nié avoir tué leur fille.

Selon une source judiciaire, le père, âgé de 66 ans, a affirmé que la mère était violente non seulement avec la fillette mais aussi avec ses deux grandes sœurs et avec lui. Il dit avoir trouvé la petite morte, après une chute dans des escaliers et a expliqué aux enquêteurs que c'est en se dirigeant vers le Maroc, avec leurs enfants à bord, y compris la fillette décédée, qu'ils ont abandonné son corps le long de l'A10.

La mère, elle, a d'abord affirmé "ne plus avoir de souvenir, que sa fille n'était pas décédée" avant d'expliquer au juge qu'elle était "elle-même victime de violences de la part de son époux, qu'elle pouvait être violente à l'égard d'Inass mais qu'elle n'était pas impliquée dans la mort de cette dernière."