Faits divers – Justice

Peu d'éleveurs de porcs mobilisés devant le siège de Bigard

France Bleu Breizh Izel lundi 21 septembre 2015 à 18:48

Peu de manifestants devant le siège de Bigard ce lundi.
Peu de manifestants devant le siège de Bigard ce lundi. - Leïla Méchaouri

Les représentants de la filière porcine n'ont pas réussi à mobiliser leurs troupes, ce lundi, pour dénoncer la décision de Bigard d'acheter ses porcs à 1,32 euros le kilo, contre 1,40 euros réclamés par les éleveurs. Une réunion en urgence de tous les responsables de la filière doit être organisée.

Plus de  journalistes et de forces de l'ordre que de manifestants ce lundi devant le siège de l'abatteur Bigard à Quimperlé. Seuls une vingtaine d'éleveurs, en majorité des représentants syndicaux, se sont mobilisés contre la décision de Bigard d'acheter désormais ses porcs à 1,329 euros le kilo, contre les 1,40 euros voulus par la profession. Et surtout, bien en-deçà des 1,372 euros fixés par le Marché au cadran de Plérin (MPB), dont l'industriel est sorti début août. 

Dans un courrier envoyé en fin de semaine dernière aux producteurs, Bigard écrit que "sa problématique structurelle reste inchangée, tout comme ses effrayants résultats économiques pour le maillon abattage-découpe qui se trouve totalement marginalisé sur le marché européen". Il poursuit que pour rester « dans la course » et permettre des investissements indispensables, il faut "s’engager dans un début d'alignement du prix du porc correspondant à l'offre et à la demande". Selon le groupe, qui refuse de réduire le nombre d'abattages, il est impossible de le faire via le MPB. 

" Une déclaration de guerre "

Une décision prise de façon unilatérale au mépris des éleveurs, dénoncent les syndicats. "C'est une déclaration de guerre" insiste Paul Auffray, responsable national de la filière porcine, qui craint "la mort" du Marché au cadran de Plérin "si on ne trouve pas de solution d'ici la fin de la semaine" :  "on peut imaginer qu'en fin de semaine, la Cooperl prenne la même décision et puis, derrière, les autres groupes, donc ça veut dire éclatement du marché", selon Paul Auffray.

 "_1,32 euro, c'est le début d'un dévissage (...) Si on accepte 1,32 aujourd'hui, pourquoi pas 1,25 demain, et puis pourquoi pas encore en dessous", a-t-il ajouté. "Si on accepte ça, la moitié des éleveurs de porcs disparaissent  _dans les deux ou trois ans qui viennent."

Une délégation de représentants syndicaux des éleveurs a été reçue ce lundi par la direction du groupe Bigard. Une nouvelle réunion doit rassembler prochainement tous les responsables de la filière porcine. Pour lors, aucune date n'a encore été fixée

Avec AFP.

Quimperlé, France

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