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Philippe Varichon, le matricide de Pau va faire l'objet d'un non-lieu psychiatrique

Par Daniel Corsand et France Bleu, France Bleu Béarn et France Bleu mardi 11 octobre 2016 à 18:39 Mis à jour le mardi 11 octobre 2016 à 21:03

Le palais de justice de Pau
Le palais de justice de Pau © Radio France - Olivier Uguen

Le 8 août 2014, Philippe Varichon, 58 ans, a étranglé sa mère de 94 ans dans une chambre de la maison de retraite Sainte Bernadette à Pau. Après un peu plus de deux ans, la justice est saisie par la juge d'instruction pour un non-lieu psychiatrique.

Philippe Varichon a comparu ce mardi matin devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Pau. Le 8 août 2014, cet homme de 60 ans (il avait 58 ans au moment des faits) a étranglé sa mère dans sa chambre de la maison de retraite Sainte Bernadette à Pau. Elle avait 94 ans. Les cinq experts psychiatres qui l'ont examiné ont tous dit qu'il n'était pas responsable de ses actes. La juge enquêtrice a saisi la chambre de l'instruction pour qu'elle prononce un non lieu psychiatrique. Avant et pendant les faits, il souffrait d'une forme aiguë de schizophrénie.

Délires de désenvoûtement et de messes noires

Philippe Varichon a confié son geste juste après l'avoir commis à la directrice de la maison de retraite. Ils ont même bu un café ensemble en attendant la police aussitôt alertée. Calmement, il lui a parlé. Lui a raconté que sa famille est "anti christ". "Qu'ils n'étaient pas capables de mettre des cœurs rouges dans leur porte monnaie". Il a parlé de messe noire et son intention de tuer sa sœur et son neveu. Mais qu'en ayant "éteint la souche", cela devrait suffire. Philippe Varichon souffre de schizophrénie affective. C'est le diagnostic. C'est une schizophrénie doublée de troubles bipolaires. Ces patients souffrent le plus souvent d'hallucinations auditives. Ils entendent des voix. Et ils affichent un détachement troublant par rapport à la réalité.

Je sais pourquoi j'ai tué ma mère. Mais cela ne vous regarde pas.— Philippe Varichon à la juge d'instruction

Un drame évitable ?

Son avocat, maître Thierry Sagardoytho, affirme que son client aurait dû être mieux suivi par l'institution psychiatrique. Philippe Varichon était diagnostiqué et suivi depuis 1998. Après plusieurs AVC, son traitement a été modifié pour atteindre des doses pédiatriques. Depuis les faits, une nouvelle molécule a permis de stabiliser son état.

On connaissait le cas de l'affaire Dupuy. Il y avait un problème d'accompagnement et d'encadrement. — Me Sagardoytho son avocat

L'avocat de P.Varichon pense que son client n'avait pas le bon traitement

La chambre de l'instruction rendra son arrêt de non lieu mardi prochain.

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