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Alain Ferrandi et Pierre Alessandri restent des détenus particulièrement signalés (DPS)

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Par , , France Bleu RCFM

La décision prise par le Premier ministre Jean Castex a été notifiée lundi soir. Les deux hommes, condamnés à la prison perpétuité, sont emprisonnés depuis 1999 pour leur participation à l’assassinat du préfet Erignac.

Alain Ferrandi et Pierre Alessandri
Alain Ferrandi et Pierre Alessandri

Le statut de détenu particulièrement signalé (DPS) de Pierre Alessandri et Alain Ferrandi est maintenu. Ainsi en a décidé Jean Castex, le Premier ministre.

Les deux hommes, condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité pour l'assassinat du préfet Erignac, sont incarcérés sur le continent depuis 1999. Le maintien de ce statut bloque un éventuel rapprochement, voire une libération conditionnelle à laquelle ils peuvent prétendre depuis 2017.

« Une ingérence du politique sur le judiciaire »

Cette décision suscite la colère de la défense des deux prisonniers nationalistes. Eric Barbolosi, avocat de Pierre Alessandri, y voit une décision purement politique, alors que des instances compétentes s’étaient prononcées en faveur de la levée de ce statut de DPS.

« S’agissant de Pierre Alessandri, la commission locale s’était prononcée en faveur du retrait de l’inscription au fichier DPS, de même que la commission nationale. En principe, la signature du ministre de la justice n’est qu’une formalité et suit systématiquement ces deux décisions. Pour la première fois de l’histoire des DPS, non seulement ce n’est pas le ministre de la justice qui a tranché, mais c’est le premier ministre, et en plus de cela, toujours pour la première fois, ce ministre n’a pas suivi l’avis de la commission nationale des fichiers DPS. Très clairement, cela veut dire qu’il y  a une ingérence du politique sur le judiciaire et une violation manifeste de la séparation des pouvoirs.  »

Majorité nationaliste et opposition sur la même ligne

Le sujet s’est invité, pour ne pas dire imposé au beau milieu des débats de l'assemblée territoriale, réunie pour sa dernière session de l'année depuis lundi. Alertés, Jean-Guy Talamoni puis Gilles Simeoni sont tour à tour sortis de la salle des délibérations. "J'ai un coup de fil important à passer dans mon bureau" a même précisé Jean-Guy Talamoni depuis son siège, avant de laisser un temps la présidence à Hyacinthe Vanni. 

"Ce qui est en train de se passer est d'une gravité extrême" a lancé le président de l'assemblée de Corse à son retour, vers 11H30. "Lorsqu'on est en première année de droit, la première chose que l'on vous apprend est que la loi est impersonnelle et générale. Le fait d'appliquer une loi non-écrite à des personnes en particulier va à l'encontre de toute valeur républicaine", énonce Jean-Guy Talamoni, estimant qu'il s'agissait là d'une "vengeance d'Etat" assumée en "une position indéfendable illégitime et anticonstitutionnelle"

Ce dernier a laissé la parole à son homologue de l'Exécutif, qui s'est dit pour sa part "sous le choc de cette nouvelle", avant de vouloir rappeler que "la main levée au statut de DPS* n'est autre que l'application du droit". Le chef de la majorité nationaliste parlait ainsi  à la tribune de "fiction juridique", de "logique de vengeance", "obtenue au prix d'un stratagème élargissant la notion de conflit d'intérêt du Garde des sceaux". Gilles Simeoni concluait aussi son intervention par une citation du défunt écrivain François-Charles Mauriac : _"La vengeance déguisée en justice, c'est notre plus affreuse grimace". "L'Etat vient de nous offrir la plus affreuse de ses grimaces"_, dixit Gilles Simeoni. Interrogé sur la suite à donner, le Président de la CDC a dit souhaiter "s'en tenir pour l'heure à la solennité de sa déclaration".

Gilles Simeoni, président du conseil exécutif de Corse lors de la session du 22 Décembre 2020
Gilles Simeoni, président du conseil exécutif de Corse lors de la session du 22 Décembre 2020 © Radio France - Olivier Castel

Appelée à s'exprimer ensuite, l'opposition s'est, comme la veille, rangée à la ligne de dénonciation de la signature de ce décret. Jean-Charles Orsucci (LREM - "Andà Per Dumane") s'est dit "totalement en phase sur le fond et la forme", alors que Jean-Martin Mondoloni, chef de file de la droite régionaliste "Per L'Avvene" a demandé au gouvernement de motiver cette décision. "Le contrat social dans l'Etat de droit ne donne pas à l'Etat tous les droits", selon Jean-Martin Mondoloni.

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