Faits divers – Justice

Première plainte de vacanciers après l'incendie dans un camping d'Oléron

Par Vincent Hulin , France Bleu Armorique, France Bleu La Rochelle et France Bleu Poitou mardi 23 août 2016 à 18:00

après le passage des flammes
après le passage des flammes © Radio France

Une famille bretonne a déposé plainte à Saint-Malo pour mise en danger d'autrui par violation délibérée des obligations de sécurité. Elle vise à la fois la direction du camping et la mairie de Saint-Georges-d'Oléron.

Une famille de vacanciers porte plainte, après l'incendie dans la nuit de jeudi vendredi dans un camping de l'île d'Oléron et l'évacuation de 1.500 personnes.

Une première plainte à ce jour après ce sinistre qui n'a pas fait de victime, mais provoqué la destruction partielle ou totale de neuf mobil-homes, et de plusieurs véhicules, sans oublier une grande frayeur pour toutes les personnes évacuées.

Pas d'issue de secours

Les plaignants, un couple et ses trois enfants, ne font pas partie des sinistrés. Ils logeaient assez loin de l'incendie. Ce qui ne les a pas empêchés de vivre un vrai cauchemar cette nuit-là. Tout en se sentant abandonnées. Aucun signal d'alarme, ils ont été réveillés par des voisins. Aucune procédure d'évacuation, ils n'ont jamais vu ni entendu d'employé du camping. Aucune lumière, le courant avait été coupé. Ils se sont retrouvés à errer dans la nuit noire avec une centaine de personnes avant de se heurter au grillage d'enceinte. Impossible de trouver une issue de secours, raconte Emmanuel Gouesnard le père de famille.

"Là, certains des parents ont pris la décision de défoncer le grillage, pour que les gens puissent s'extirper de ce trou à quatre pattes. Nos enfants de 4, 7 et 8 ans, quand ils nous voyaient, nous demandaient : est-ce qu'on va mourir ? Je trouve ça hyper traumatisant pour des enfants. Pour nous c'est une faute."

Faute que conteste le propriétaire du camping. Il refuse de s'exprimer publiquement, mais il a joint les plaignants pour leur présenter des excuses. Tout en leur répondant point par point. Oui, les issues de secours étaient cadenassées, mais c'était pour éviter des intrusions. Oui, le personnel présent n'a pas donné l'alerte ni organisé l'évacuation, mais ce sont des êtres humains qui ont eux aussi été pris dans la panique. Il promet malgré tout d'investir dans la sécurité ces prochains mois. En attendant, il préfère donner toute son attention à ses clients qui ont tout perdu. Sous entendu, les vraies victimes de cet incendie.