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Faits divers – Justice DOSSIER : Mouvement des "gilets jaunes"

Plainte déposée contre la police pour "tentative d'homicide" en marge d'une manifestation de gilets jaunes à Marseille

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Par , France Bleu Provence, France Bleu

Une jeune femme de 19 ans grièvement blessée le 8 décembre en marge d'une manifestation de gilets jaunes a porté plainte contre des policiers pour "tentative d'homicide" et "violences volontaires". Elle assure avoir été matraquée et rouée de coups à terre par des agents en civil.

Le 8 décembre, la boutique de l'OM avait été saccagée alors que des heurts avaient éclaté en marge d'une manifestation
Le 8 décembre, la boutique de l'OM avait été saccagée alors que des heurts avaient éclaté en marge d'une manifestation © Maxppp -

Marseille, France

Une jeune fille a porté plainte mardi à Marseille (Bouches-du-Rhône) contre la police pour "tentative d'homicide" et "violences volontaires", a indiqué son avocat à France Bleu Provence, confirmant une information de Médiapart. Maria âgée de 19 ans assure avoir été matraquée et rouée de coups à terre par des policiers en civil le 8 décembre, en marge d'une manifestation des "gilets jaunes". "Son cerveau a été touché", affirme Maître Brice Grazzini qui évoque "un tabassage extrêmement violent".

Maria affirme avoir été violemment matraquée

Une enquête préliminaire a été ouverte. Le procureur de la République de Marseille a indiqué avoir "saisi l'IGPN d'une enquête pour des violences aggravées". La jeune fille, prénommée Maria et âgée de 19 ans et qui sera prochainement entendue, aurait d'abord été visée par un lanceur de balles de défense (LBD). Touchée à la cuisse et tombée au sol, elle aurait ensuite été violemment matraquée et frappée à coups de pied par plusieurs policiers en civil. "Ma cliente s'est fait scalper un morceau de la tête" raconte Maître Grazzini. 

42 personnes interpellées le 8 décembre à Marseille

Le 8 décembre 2018 à Marseille, une manifestation des "gilets jaunes" avait coïncidé avec une marche de militants contre le changement climatique et le logement insalubre. Près de 10.000 personnes étaient rassemblées. Des heurts avaient opposé en fin de journée des manifestants et les forces des l'ordre. Une agence bancaire et la boutique de l'OM sur la Canebière avaient été pillées. 42 personnes avaient été interpellées. 

La jeune-femme avait fait "péter des pétards" un quart d'heure avant

Vers 18H30, la jeune femme affirme avoir quitté la boutique où elle travaillait comme vendeuse. Elle concède avoir "bêtement fait péter des pétards sur le sol", qu'elle avait achetés "pour les utiliser un soir de match de foot" explique son avocat. "Mais un quart d'heure avant qu'elle ne se fasse agresser". "Le lien de causalité entre les deux me paraît très compliqué" selon le défenseur de la jeune marseillaise.

Une plainte pour "non-assistance à personne en danger"

La plainte déposée vise également les policiers pour "non-assistance à personne en danger" et "non-obstacle à la commission d'une infraction". Deux témoins assurent que lorsqu'ils ont voulu intervenir pour secourir Maria, les policiers se sont dispersés "sans se soucier aucunement de l'état de santé dans lequel se trouve la victime"  indique Médiapart. "On est dans un autre monde" se désole Maître Grazzini pour France Bleu Provence.

Une reprise du travail quatre mois après

Au total, selon les différents témoins cités dans cette plainte, "au moins une quinzaine" de policiers ont participé aux violences. Les coups ont notamment entraîné un traumatisme crânien et une hémorragie méningée selon les conclusions des médecins. La jeune femme, aussi décrite comme "en état de stress aigu" par les psychiatres, n'a pu reprendre son travail qu'en avril.  "Elle avait ces derniers temps de gros problèmes de mémoire. Elle porte un turban puisque ses cheveux ont du mal à repousser et elle est toujours prise en charge par un psychologue" précise Maître Grazzini à France Bleu Provence.

Maître Brice Grazzini sur France Bleu Provence