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Faits divers – Justice

Plainte des parents de Louna contre le CHRU de Nancy : "On nous a volé sa petite enfance"

jeudi 25 janvier 2018 à 8:15 Par Isabelle Baudriller, France Bleu Isère, France Bleu Sud Lorraine et France Bleu

Sabrina et Yoan Bombarde, parents de Louna, ont été accusés à tort de maltraitance et privés de leur enfant pendant plus de trois ans. Le couple, originaire de Lorraine et qui vit aujourd'hui en Isère, publie ce jeudi un livre et se retourne contre le CHU de Nancy. Entretien avec Sabrina Bombarde.

Yoan et Sabrina Bombarde portent plainte contre le CHU de Nancy pour "erreur de diagnostic et faute de moyens"
Yoan et Sabrina Bombarde portent plainte contre le CHU de Nancy pour "erreur de diagnostic et faute de moyens" © Maxppp - Maxppp

Lorraine, France

Sabrina et Yoan Bombarde publient ce jeudi un ouvrage qui relate leur histoire douloureuse. Dans Plus jamais sans Louna, ils racontent comment ils ont été soupçonnés de maltraitance sur leur fille, ce qui les a séparés pendant plus de trois ans.

Qu'est ce qui vous a valu - à vous et votre mari Yoan - ces soupçons de maltraitance sur Louna ? 

Une maladie orpheline et rare : ça s'appelle un angio-œdème neurotique héréditaire de type I, il y a environ 1 500 cas en France. C'est une maladie dont je souffre depuis l'âge de 4 ans, qui provoque des œdèmes et qui est très impressionnante car elle déforme complètement le corps. Ça peut effectivement faire penser à des traces de coups. 

Vous n'avez eu de cesse de rappeler que vous étiez porteuse de cette maladie rare et que Louna était peut-être porteuse elle aussi. On n'a pas voulu vous croire ?

Dès que nous sommes arrivés au CHU en février 2012, nous avons tout de suite dit que j'étais atteinte de cette maladie orpheline mais malheureusement, on ne nous a pas écoutés. Le CHU nous a suspectés de maltraitance. Un signalement a été effectué, transmis au procureur qui a confié la mission à un expert. Malheureusement, cet expert n'a pas fait son travail. Il a dit que Louna n'était absolument pas atteinte de cette pathologie alors qu'il n'avait pas fait faire la prise de sang qui permettait de la détecter. En juillet 2014, nous avons décidé de faire cette prise de sang au CHU de Nancy avec la complicité du professeur qui nous suivait à l'époque. Nous avons appris que Louna et son petit frère Léo étaient atteints de la même pathologie que moi. 

A ce moment-là - c'est bizarre ce que je vais dire - mais c'est un mélange de joie et de malheur : la joie de pouvoir prouver notre innocence et le malheur de savoir qu'elle a la même maladie que moi

Vous êtes relaxés en juin 2015 mais votre enfant ne vous est pas rendue pour autant ?

On a dû la récupérer de force en août 2015 parce qu'on ne nous écoutait pas (NDLR : Louna a été soustraite par ses parents à sa famille d'accueil lors d'une visite. Quelques jours plus tard, une juge des enfants d'Epinal a prononcé une ordonnance de maintien du placement de l'enfant mais au domicile de ses parents à Rambervillers (Vosges), mesure assortie de contrôles quotidiens des services de la protection de l'enfance). 

Vous avez le sentiment d'avoir été privé de l'enfance de Louna ?

Oui, on nous a volé sa petite enfance. On n'a pas pu faire sa première rentrée d'école, on ne sait pas quel a été son premier mot. Aller se promener au parc avec son enfant, lui donner le bain, se lever la nuit pour le cajoler quand c'est nécessaire, c'est des choses qu'on a pas pu faire.

Pourquoi déposer aujourd'hui une requête devant le tribunal administratif de Nancy contre le CHU de Nancy pour "erreur de diagnostic et faute de moyens" ?

Parce qu'ils n'ont pas mis tous les moyens en œuvre pour trouver cette pathologie. Malheureusement, c'est une machine qui vous broie. Pour nous, c'est une erreur pluridisciplinaire de plusieurs institutions. 

Vous vivez désormais en Isère, à Revel : comment va votre famille ?

On se reconstruit petit à petit. Il ne faut pas oublier que nous n'avons pas eu Louna pendant 3 ans et 8 mois exactement. On ne connaissait aucune de ses habitudes et vice-versa. Il a fallu qu'on se ré-adopte. Et ça se passe très très bien. On s'aime et tout se passe au mieux, même si la maladie est trop présente. Louna et Léo sont très suivis. 

  • Sabrina et Yoan Bombarde publient jeudi 25 janvier un livre-témoignage : "Plus jamais sans toi Louna" aux éditions Michel Lafon.