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Faits divers – Justice

Fusillade dans un lycée de Grasse : l'élève qui aurait ouvert le feu en garde à vue, dix blessés légers

- Mis à jour le -
Par , , France Bleu Azur, France Bleu

Une fusillade au lycée Tocqueville de Grasse (Alpes-Maritimes) a fait dix blessés légers, dont quatre touchés par des plombs, ce jeudi matin. Un élève du lycée, lourdement armé, a été interpellé. Il est placé en garde à vue pour tentatives d'assassinats.La piste terroriste est écartée.

Les cours ne reprendront  pas ce vendredi au lycée Tocqueville de Grasse, mais une cellule d'écoute est mise en place.
Les cours ne reprendront pas ce vendredi au lycée Tocqueville de Grasse, mais une cellule d'écoute est mise en place. © AFP - Valery Hache

Grasse, France

Une fusillade s'est produite ce jeudi matin au lycée Tocqueville de Grasse. Selon la procureur de Grasse, dix personnes ont été légèrement blessées ou choquées, dont quatre touchées par des plombs et hospitalisées : le proviseur de l'établissement et trois élèves.

"On a reçu quatre blessés, dont le proviseur blessé par balles au bras gauche, confiant, et s'inquiétant surtout pour ses élèves. Il y a aussi trois adolescents de 16 et 17 ans blessés par des plombs : l'un au visage et thorax, l'autre au thorax et le troisième aux jambes", a indiqué le directeur de l'hôpital Clavary de Grasse.

Les quatre autres personnes présentent des blessures sans gravité causées par un mouvement de foule. La secrétaire d'État chargée de l'aide aux victimes, Juliette Méadel, a annoncé que "tous les élèves [étaient] à l'abri". Selon le rectorat, les cours dans ce lycée ne reprendront pas vendredi mais l'établissement sera ouvert et une cellule d'écoute sera en place pour ceux qui souhaitent venir.

Un lycéen interpellé

Un élève du lycée, âgé de 17 ans, a été interpellé, armé d'un fusil, de deux armes de poing et de deux grenades. Il a été placé en garde à vue pour tentatives d'assassinats", garde à vue qui peut durer 48 heures. Une enquête a été ouverte. Les investigations devront "notamment identifier d'éventuelles complicités" a expliqué la procureure de la République de Grasse.

Sur le déroulement des faits, la procureure a expliqué : "Lorsque l'élève pénètre dans le lycée, il va se rendre dans un premier temps dans une classe. Dans cette classe manifestement ne se trouvent pas la ou les personnes qu'il recherchait. Le proviseur décide d'intervenir, mais avant qu'il n'ait pu intervenir, le jeune homme qui a 17 ans va blesser un élève d'un ou plusieurs tirs.

Le proviseur s'interpose, courageusement, et est blessé à l'occasion de son intervention." Selon Fabienne Atzori, le jeune homme "aurait tiré à deux ou trois reprises. Il n'aurait a priori utilisé que le fusil à pompe". Il disposait "d'un fusil à pompe, de plusieurs munitions pour ce fusil à pompe, de plusieurs armes de poing et d'une grenade d'exercice."

Le suspect, Killian, élève en première L et fils d'un conseiller municipal de Grasse, ne serait pas connu des services de police. Il semble avoir agi seul, même si les enquêteurs avaient initialement émis l'hypothèse d'une seconde personne en fuite.

Ses motivations seraient "liées aux mauvaises relations qu'il entretiendrait avec d'autres élèves", selon Fabienne Atzori, procureure de la République de Grasse.

Depuis l'annonce de son identité, des captures d’écrans de réseaux sociaux portant son nom et son prénom circulent. On y trouve des images violentes, tirées de jeux vidéo ou de BD, mais aussi une photo des lycéens auteurs de la tuerie de Columbine, qui avait fait 13 victimes dans un lycée américain en 1999. Des éléments troublants, qu'il faut malgré tout prendre avec prudence : il est trop tôt pour affirmer catégoriquement que ces comptes de réseaux sociaux ont bien été créés par le suspect.

"Plusieurs coups de feu"

Selon un témoin, "plusieurs coups de feu" ont retenti dans le lycée. Ce commerçant, dont la boutique est située "en face" de l'établissement scolaire, raconte que "trois lycéennes sont venues se réfugier" dans son magasin. "Elles ont vu un homme entrer dans le lycée avec un fusil, qui a tiré plusieurs coups de feu. Elles étaient très choquées."

Marianna, élève au lycée Tocqueville, a raconté au micro de franceinfo avoir vu le tireur. "On a entendu 'alerte attentat'. À ce moment-là, on s'est tous mis sous les tables et on a attendu les policiers", a-t-elle ajouté. "Je voulais fermer les fenêtres, je me suis mise à la fenêtre pour la fermer et j'ai vu un lycéen. Il m'a regardée dans les yeux et il a tiré en l'air et j'ai fermé la fenêtre et je me suis mise sous la table".

"Il avait la rage. II m'a regardée et il est parti."

"On a bloqué la porte avec un placard pour ne pas qu'il puisse rentrer et des policiers sont venus et ont frappé à la porte, ils sont allés dans les salles où il y avait d'autres élèves et on nous a fait sortir accroupis contre le mur pour nous mettre en sécurité", a détaillé la lycéenne, qui a précisé qu'elle ne connaissait pas le tireur.

Les élèves en sécurité

Les élèves ont été évacués et sécurisés. Une cellule de crise a été installée et un numéro d'urgence mis en place.

La préfecture des Alpes-Maritimes a demandé aux habitants de la zone de rester chez eux pendant l'intervention des forces de l'ordre. Une centaine de gendarmes et de policiers ont été mobilisés. Le recteur de Nice a de son côté demandé le confinement de tous les établissements scolaires de Grasse.

La ministre de l'Éducation Najat Vallaud-Belkacem s'est rendue sur place. "Nous sommes passés à côté du pire", a-t-elle déclaré. Il s'agit "visiblement de l'acte fou d'un jeune homme fragile et fasciné par les armes à feu", a-t-elle ajouté. Le Premier ministre Bernard Cazeneuve a quant à lui écourté une visite dans la Somme et a immédiatement rejoint le ministre de l'Intérieur Bruno Le Roux à l’Hôtel Matignon.

La fusillade a entraîné le déclenchement d'une alerte attentat SAIP (système d'alerte et d'information des populations en cas de crise). Mais cette piste a vite été écartée. "Aucun élément, aucun lien ne peut être envisagé avec une entreprise terroriste", a déclaré en fin de journée la procureure de Grasse.