Faits divers – Justice

Livre : plongez au cœur de la brigade criminelle de Paris

Par Julie Guesdon, France Bleu Paris et France Bleu vendredi 11 septembre 2015 à 15:35

Extraits du livre Brigade Criminelle, Editions de La Martinière
Extraits du livre Brigade Criminelle, Editions de La Martinière - Raynal Pellicer/Titwane

Après le grand banditisme, Raynal Pellicer et Titwane publient le 17 septembre prochain une immersion dans le quotidien d'enquêtes pour homicide. Les deux auteurs ont passé quinze semaines au sein de la brigade criminelle, dans le fameux 36, quai des Orfèvres.

"Dessiner, ça permet de représenter la réalité tout en respectant le secret de l’instruction." C’est la méthode qu’ont choisi l’auteur/réalisateur Raynal Pellicer et le dessinateur Titwane pour se replonger sur le travail de la police. Après la parution de leur premier ouvrage, Enquêtes générales, en 2013, les deux auteurs récidivent et publient, le 17 septembre prochain, leur second roman graphique, Brigade criminelle, aux éditions de La Martinière. 

Une enquête inédite au sein de la Crim’, rendue possible grâce à leur premier travail auprès de la brigade de répression du banditisme (BRB) : "lors d’une séance de dédicace dans les locaux de la BRB , à l'automne 2013, nous avons rencontré Marc Thoraval, le patron de la brigade criminelle" - aussi surnommé "Monsieur Non", parce qu’il refuse tous les projets -, mais qui, ce jour-là, a tout simplement invité l’auteur et le dessinateur au 36 : "On lui a demandé quand est-ce qu’on pourrait faire pareil à la crim’. Il a répondu ‘Quand vous voulez’."

Extrait de Brigade Criminelle - ©Titwane/Ed de la Martinière - Aucun(e)
Extrait de Brigade Criminelle - ©Titwane/Ed de la Martinière


 L’enquête criminelle représentée le plus fidèlement possible 

Quelques mois plus tard, en mars 2014, Raynal Pellicer s'installe au 36. Pendant quinze semaines, il obtient l'autorisation de suivre quatre affaires : un incendie criminel, un peintre torturé pour son argent, un règlement de comptes entre malfrats et un crime passionnel. Loin du polar ou de la mise en scène des émissions à succès telles que Faites entrer l’accusé, les auteurs prennent le parti de ne raconter que le quotidien de l’enquête. Raynal Pellicer note et photographie scènes de crime, enquêtes de voisinage, perquisitions et gardes-à-vue. Titwane, dans son atelier, dessine à partir des clichés. "On ne commente rien, on se contente d’être le plus réalistes possible".    

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Extrait de Brigade Criminelle - ©Titwane/Ed de la Martinière

La réalité du travail de la crim', ce sont notamment les longues périodes de travail derrière un bureau. Pas de planques et de filatures, comme dans le premier livre, "à la crim', 95% du travail se passe au 36. On a pu développer davantage chaque affaire, expliquer plus, on voulait surtout montrer aussi une autre façon de travailler, très procédurière", explique Titwane. 

Le livre accorde en effet une large place à cette procédure (que les policiers appellent le "service après vente") et montre que les enquêteurs ont dès le début de l'affaire le souci de préparer l'éventuel procès. La moindre faille dans l’enquête peut jouer en faveur de la défense devant un jury d'Assises, quand les "mois de procédures" seront restitués "à l’oral en quelques jours seulement". Une angoisse qui "fait tourner les policiers en rond dans leur bureau" la veille d'une audience, durant laquelle ils devront répondre avec une grande précision sur des faits et des déclarations qui remontent parfois plusieurs années en arrière.

Extrait de Brigade Criminelle - ©Titwane/Ed de la Martinière  - Aucun(e)
Extrait de Brigade Criminelle - ©Titwane/Ed de la Martinière

Ce passage devant les jurés, moment où l'enquête policière est à son tour disséquée et où la procédure prend définitivement fin, fera peut-être l'objet, les auteurs l'espèrent, d'un prochain livre dédié aux Assises.

Brigade criminelle, immersion au cœur du 36, quai des Orfèvres, Raynal Pellicer et Titwane, Éditions de la Martinière 2015, 208 pages.

Planches issues du livre, crédit photo : Titwane/Ed de la Martinière