Faits divers – Justice

Amiante au Parlement européen : le procès est renvoyé

Par Corinne Fugler, France Bleu Alsace et France Bleu mercredi 6 janvier 2016 à 18:28 Mis à jour le jeudi 7 janvier 2016 à 11:36

La passerelle qui mène de l'hémicycle au Winston-Churchill
La passerelle qui mène de l'hémicycle au Winston-Churchill - Union européenne

Le procès qui concerne plus de 1.600 personnes a été renvoyé jeudi au 25 mai, à Strasbourg. En 2013, lors d'un chantier réalisé dans un bâtiment du Parlement européen, elles ont été exposées à des poussières d'amiante.

Trop de pièces à étudier. Impossible pour la défense d'en prendre connaissance : le procès de l'amiante au Parlement européen, à Strasbourg, a été renvoyé au 25 mai, jeudi. 

Le chantier concernait le bâtiment Winston-Churchill, avenue Schuman. En février 2013, derrière des bâches, alors que l'immeuble restait accessible au public, des ouvriers ont percé deux piliers métalliques qui contenaient de l'amiante. Plus de 1.600 personnes ont pu respirer les poussières dégagées par les travaux, des agents du Parlement européen et du Conseil de l'Europe, qui se partageaient les locaux, des ouvriers ainsi que des prestataires extérieurs.

Impossible de savoir aujourd'hui si l'une d'entre elles développera une affection liée à l'amiante mais il est essentiel, pour Me Cohen-Solal, qui représente 90 parties civiles, de leur reconnaître dès aujourd'hui la qualité de victime. L'amiante, qui s'installe insidieusement dans les poumons, peut rester silencieux pendant longtemps avant de provoquer un cancer. Dans 20 ou 30 ans, en cas de pathologie broncho-pulmonaire, il faut que les salariés exposés à ces fibres toxiques puissent faire reconnaître celle-ci comme une maladie professionnelle. 300 personnes, déjà, ont porté plainte contre les responsables du chantier pour "mise en danger d'autrui".

Quatre prévenus et 300 victimes

Sur le banc des prévenus, face à ces centaines de plaignants, quatre personnes: l'architecte qui a dirigé les travaux, les responsables des deux entreprises qui les ont réalisés et le coordinateur sécurité du chantier. Le Parlement européen s'est constitué partie civile mais les avocats de la défense s'interrogeront certainement à l'audience sur sa part de responsabilité. Pour accompagner les 300 plaignants, on compte une quinzaine d'avocats. D'autres victimes potentielles pourraient se signaler à l'audience. Le procès se déroulera sur deux jours, dans la salle des assises du TGI de Strasbourg, avec une retransmission vidéo dans une salle voisine si nécessaire.