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Pompier incarcéré pour agressions sexuelles : "On a de la colère parce qu'on lui faisait confiance"

Après nos révélations sur l'incarcération et la mise en examen pour agressions sexuelles sur mineurs d'un pompier volontaire de 50 ans, les langues commencent à se délier à Corbeilles-en-Gâtinais (Loiret), où Stéphane G. était responsable des jeunes sapeurs pompiers. Une mère de famille témoigne.

Corbeilles-en-Gâtinais (Loiret), commune de 1574 habitants, près de Montargis
Corbeilles-en-Gâtinais (Loiret), commune de 1574 habitants, près de Montargis © Radio France - Alexandra Lagarde

Après les révélations de France Bleu Orléans concernant l'incarcération de l'ex président des jeunes sapeurs-pompiers de Corbeilles/Bellegarde (Loiret), mis en examen pour agressions sexuelles sur mineurs, une habitante de Corbeilles-en-Gâtinais, accepte de témoigner. Sa fille de 14 ans, jeune sapeur-pompier, était sous la responsabilité de cet adjudant-chef de 50 ans.

On se sent coupable"

"Quand on l'a découvert [en août 2019], ma première réaction, ça a été de lui demander s'il ne lui était rien arrivé à elle. Avec les larmes aux yeux, parce qu'on se sent coupable", explique cette mère de famille qui préfère ne pas donner son identité. Précisons que sa fille n'a pas été victime de Stéphane G. Dans leur enquête, toujours en cours, les gendarmes ont recensé plus d'une dizaine de victimes présumées, âgées de 12 à 16 ans, sur la période 2005/2019, qui auraient participé à des soirées avec alcool et tabac, en tenues légères ou nus, au domicile de Stéphane G.

On a de la colère, on lui faisait confiance"

"On se dit qu'on a mis nos enfants dans les mains d'un pervers, quoi ! On pensait qu'ils seraient en sécurité, qu'il était là pour leur apprendre un métier. On a de la colère parce qu'on lui faisait confiance, il était très gentil, très souriant, toujours là pour nous", poursuit cette mère de famille, émue aux côtés de sa fille, ce mercredi après-midi dans le bourg de Corbeilles-en Gâtinais.  

"Je n'aurais pas pensé une seule seconde qu'il aurait agi comme ça avec les jeunes de la caserne. Finalement, je me dis que j'ai confié ma fille à quelqu'un qui aurait pu lui faire du mal, on se sent mal, on se dit qu'on aurait pu l'envoyer dans la gueule du loup !" 

Sa fille de 14 ans, qui est membre des jeunes sapeurs-pompiers de Corbeilles/Bellegarde depuis un an, confie quelques mots à France Bleu Orléans : "On le voyait toujours à la caserne, on était très proches de lui. Il était toujours là pour nous, il nous aidait à apprendre des choses, on se confiait souvent à lui. Il était cool avec nous."

On se confiait souvent à lui, il était cool"

La mise en examen de Stéphane G. pour agressions sexuelles sur mineurs en août dernier, "je l'ai appris par des amis", poursuit l'adolescente : "Au début, je n'y croyais pas, pour moi c'était faux, je n'imaginais pas ça de lui." Une source proche de l'enquête décrit à France Bleu Orléans "un gourou, qui avait de l'emprise sur les jeunes".

Le maire de Corbeilles-en-Gâtinais refuse de s'exprimer

Le maire de Corbeilles-en-Gâtinais, Jean-Paul Hornez, gêné, refuse de répondre à nos questions. On apprend juste que lui aussi "savait" pour cette affaire. Le frère du maire de Corbeilles est d'ailleurs l'actuel chef de la caserne de pompiers de Corbeilles, et Jean-Paul Hornez connaît également Stéphane G., un ex collègue de travail à la sucrerie Cristal Union, située sur la commune.

Plusieurs habitants évoquent "un sujet tabou", qui était "connu depuis l'été dernier" dans cette commune de 1.500 habitants. Rappelons qu'en janvier 2020, dans le cadre de l'enquête de gendarmerie, Quentin V., un autre pompier volontaire de 22 ans, ex président de l'amicale des sapeurs pompiers de Corbeilles, est lui aussi mis en examen, et laissé libre sous contrôle judiciaire.

Il n'y a pas d'omerta !" (colonel Fuchs)

De là à parler d'omerta ? Pas chez les pompiers, assure le colonel Christophe Fuchs, qui dirige le SDIS du Loiret, le service départemental d'incendie et de secours : "Il n'y a eu aucune omerta, nullement ! Je n'ai pas attendu de pouvoir matérialiser les faits pour les partager avec la gendarmerie nationale. Au regard de la gravité des faits qui m'étaient rapportés, mais qui étaient des faits rapportés par des gens qui eux-mêmes les rapportaient, j'ai considéré que, dans le doute, c'était suffisamment grave pour les porter à la connaissance des gendarmes."

En effet, le SDIS 45 a porté plainte à l'automne dernier et s'est constitué partie civile dans cette affaire. Les deux pompiers volontaires du centre de secours de Corbeilles-en-Gâtinais, mis en examen, ont été "immédiatement suspendus de toutes activités de service et associatives", dès août 2019. Rappelons que c'est le président de l'UDSP (union départementale des sapeurs pompiers), le capitaine Michel Gougou, qui a effectué le premier signalement, le 31 juillet 2019, ce qui a déclenché l'ouverture de l'enquête.

Rappelons que les deux pompiers volontaires mis en examen nient ou minimisent les faits qui leur sont reprochés. Le procureur de la République de Montargis, Loïc Abrial, doit tenir une conférence de presse ce jeudi dans la matinée, au sujet de cette enquête.

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