Faits divers – Justice

Pompiers blessés à Gabian : les familles portent plainte

Par Sébastien Garnier et Elisabeth Badinier, France Bleu Hérault vendredi 9 septembre 2016 à 19:53

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illustration © Maxppp -

Les familles des quatre pompiers brûlés lors de l'incendie de Gabian (Hérault) le 10 aout dernier annoncent leur intention de porter plainte contre X pour "blessures involontaires avec circonstances aggravantes".3 des 4 pompiers sont toujours hospitalisés .

Les familles des quatre pompiers brûlés lors de l'incendie de Gabian le 10 août dernier annoncent qu'elles vont porter plainte contre X dès lundi pour "blessures involontaires avec circonstances aggravantes". Depuis l'incendie elles ont l'impression qu'on leur cache la vérité, qu'on leur cache des dysfonctionnements.

Le jour de l'incendie, les quatre pompiers se trouvaient dans un camion cerné par les flammes. Ils ont été pris au piège. Selon le témoignage de certains de leurs collègues, le système d'autoprotection du camion aurait été défaillant.

"Les familles veulent bousculer la machine judiciaire pour avoir la vérité."

Ce qui a  décidé les familles, c'est l'absence d'une véritable enquête explique Luc Abratkiewicz leur avocat : "Les familles souhaitent être entendues par les enquêteurs, elles ne l’ont pas été."

"Des témoins se sont manifestés auprès des familles pour dire ce qu’ils avaient vu, ce qu’ils savaient et ces gens-là n’ont toujours pas été entendus. Donc ces familles ont décidé au nom de la vérité, au nom de la justice de déposer plainte, de bousculer la machine judiciaire qui est trop lente et de provoquer une enquête, elles veulent connaitre la vérité."

"Le SDIS laisse entendre que c'est une faute des pompiers. C'est insupportable pour les familles"

Les familles ont été aussi très étonnées de la position du SDIS  (Service départemental d'incendie et de secours) qui a fait savoir en interne que "l’accident résultait d’agissements personnels des victimes qui seraient sorties du camion dans un instinct de survie alors qu’elles n’auraient pas dû sortir. Vous comprendrez que pour les familles, entendre cela alors que les pompiers sont toujours hospitalisés avec des pathologies très lourdes c’est insupportable."

Les familles ont décidé de porter plainte au nom de la vérité

"Dans les camions nouvelle-génération il n'y a pas eu de blessés, dans les ancienne-génération, les pompiers ont été gravement brûlés."

Les familles ont aussi été très étonnées d'apprendre que prochainement le parc des camions de pompiers serait renouvelé au nom de la sécurité. "Les victimes ne comprennent pas pourquoi demain les camions seront adaptés et équipés de système de sécurité et pourquoi ces quatre jeunes ont pris place dans des camions ancienne-génération qui n’étaient pas adaptés. Sur les quatre camions, deux étaient des camions nouvelle-génération : les pompiers sont vivants, ils ne sont pas blessés et ceux qui étaient dans les camions ancienne-génération peut-être défaillants sont gravement brûles."

"Je suis convaincu que cet accident n'est pas une fatalité, qu'il y a eu des dysfonctionnements."

Maître Abratkiewicz va demander au procureur de la République "d’entendre des témoins qui ont signalé que des camions ne fonctionnaient pas. Ces familles ne veulent pas qu’on passe à côté de la vérité et que l’enquête ne soit pas complète. Elles veulent des réponses. C’est un accident gravissime, je suis convaincu que cet accident n’est pas une fatalité et que dans ce dossier il y a des dysfonctionnements qui sont à l’origine de ce drame."

Cet accident n'est pas une fatalité

De leur côté, les familles espèrent qu'une information judiciaire va être ouverte.

Trois des quatre pompiers sont toujours hospitalisés au service des grands brûlés. Jérémy, 24 ans, sapeur 1re classe, affecté depuis le 1er juillet dans l'Hérault, est le plus touché, brûlé à plus de 90 %. Lucas, 22 ans, et Didier, 28 ans, sont aussi sérieusement blessés et risquent des amputations, alors que David, 41 ans, brûlé aux jambes, a donné le mois dernier des nouvelles rassurantes.

Lors de cet incendie, 230 hectares avaient été détruits. Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve était venu sur place le soir-même exprimer sa solidarité aux pompiers.

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