Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Faits divers – Justice

Pontivy : après les violences, quatre plaintes déposées

mercredi 18 novembre 2015 à 12:44 Par Benjamin Bourgine, France Bleu Breizh Izel et France Bleu

Adsav, l’extrême-droite identitaire bretonne, organisait ce samedi un rassemblement anti-immigration et anti-réfugiés à Pontivy (Morbihan). Des affrontements ont eu lieu avec des contre-manifestants.

Les forces de l'ordre encadrant la manif du 14 novembre à Pontivy
Les forces de l'ordre encadrant la manif du 14 novembre à Pontivy © Maxppp - PQR

Pontivy, France

La manifestation était prévue depuis plusieurs semaines. "Ils voulaient défiler contre les migrants et les étrangers " explique Christine Le Strat, la maire de Pontivy. La manifestation a basculé dés le début d'après-midi. Des contre-manifestants étaient également présents, antifascistes, pour protester contre le mot d'ordre d'Adsav. Il y a eu des affrontements entre les deux groupes, et les forces de l'ordre ont été obligées d'intervenir avec des grenades lacrymogènes.

Un homme pris à parti, puis tabassé 

Une commerçante raconte la scène : " Non loin de notre magasin, un monsieur (NDLR : d’origine antillaise) a été pris par le col. Six personnes l'ont mis à terre. C'était un défoulement sur lui. C'était déchirant, on ne pouvait pas lui porter assistance. Plus loin c'était exactement pareil. C'était de la violence et de la haine. On voyait qu'on était cerné dans la rue principale. Tous les magasins se sont fermés au fur et à mesure. On avait l'impression qu'on était en état de siège. C'était terrible... C'est une haine, une haine... Il y avait des jeunes mais aussi des quadragénaires. Ils disaient à la police et à la gendarmerie - on va les tuer, ils n'ont rien à faire ici - Vraiment c'est la haine. " " Les gens couraient, les gens criaient, c'était la panique. " complète un autre habitant.

Des jeunes poursuivis se réfugient chez des habitants

Un autre Pontivien, habitant un peu excentré du centre-ville, s'étonne encore du spectacle de la journée du samedi. "J'étais en train de tailler ma haie, et j'ai vu arriver un groupe de jeunes, 16-17 ans. Ils m'ont dit qu'ils étaient poursuivis par des manifestants d'extrême-droite et que plusieurs d'entre eux s'étaient faits frapper. Ils se sont réfugiés chez une vieille dame pour leur échapper. "

Des pleurs d'enfants, des gens qui courent partout et se réfugient dans les magasins

Le délégué à la vie associative de Pontivy, Georges-Yves Guillot, décrit des scènes particulièrement violentes : "Ces bombes agricoles avaient un retentissement effrayant, les pleurs des enfants, les gens qui courent partout et se réfugient dans les magasins qui abaissent leurs rideaux. Je n'avais jamais vu cela à Pontivy depuis que je suis né, et les chants résonants contre les murs des rues m'ont glacé le sang."

Le cortège d'Adsav dans la ville de Pontivy - Maxppp
Le cortège d'Adsav dans la ville de Pontivy © Maxppp - PQR

J'aurais préféré pouvoir l'interdire - Christine Le Strat, maire de Pontivy

Christine Le Strat, la maire de Pontivy est désolée du résultat : "Déjà la manifestation qui était prévue m'inquiétait. Ils voulaient manifester contre les migrants et les étrangers. J'aurai préféré pouvoir l'interdire mais c'est la liberté d'expression... Même si ce sont des propos qui incitent à la division et la haine. "

Quatre plaintes enregistrées par le parquet de Lorient

Lundi, le parquet confirme que 4 plaintes ont été déposées. Toutes pour des violences. Aucune pour "violence raciste" précise la préfecture du Morbihan. La gendarmerie enquête sur des " violences en réunion. "

NOTA BENE : Cet article a été publié dans une première version dimanche, le 15 novembre, sur la foi de plusieurs témoins et nous l'avons modifié après avoir obtenu de nouveaux témoignages et les précisions du parquet de Lorient.