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Pourquoi le maintien des élections en juin met tant d'élus dans l'embarras

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Par , France Bleu Occitanie, France Bleu

Alors que de nombreuses démocraties occidentales ont organisé des élections ces derniers mois, les régionales et départementales en juin en France sont en sursis. Le report se heurte au calendrier, tandis que le maintien d'un scrutin en juin effraie une partie de la classe politique.

Le vote par correspondance a été abandonné en 1975 en France.
Le vote par correspondance a été abandonné en 1975 en France. © Maxppp - Zuma Press

"Vous savez, les maires, organiser ils savent le faire, ça n'est pas un problème. Si il faut organiser ces élections avec davantage de précautions, on le fera". Michel Baylac, le président de l'association des maires du Gers ne veut pas faire de vagues. Il sait d'abord que ses confrères sont divisés sur cette question du report ou non des élections régionales et départementales. Il était aussi invité à Matignon le 15 mars dernier par Jean Castex avec trois autres présidents d'associations de maires pour parler, entre autres de cette question. 

Report ou maintien, il sait que les maires devront s'aligner. Le conseil scientifique doit rendre sa décision ce dimanche 28 mars d'après le Parisien, au plus tad le 1er avril. Et Matignon devrait trancher dans ce sens dans la foulée.

La peur du bide

Jusqu'à preuve du contraire, les élections sont prévues les 13 et 20 juin. Ces derniers mois, d'autres pays ont également organisé des scrutins, alors qu'ils sont tout aussi concernés par la crise sanitaire : le Portugal, les Pays-Bas, certains länders allemands et bien sûr les Etats-Unis. Mais en France, comme souvent, tout est plus compliqué. L'exception française, encore une.

D'abord politiquement, la question s'était déjà posée l'an dernier lors du premier tour des élections municipales, en mars. La polémique avait rapidement enflé sur le paradoxe d'injonction à aller voter alors qu'il fallait tout faire pour rester chez soi. "Comment voulez-vous justifier cela auprès de vos administrés, leur demander de venir en nombre dans des bureaux de vote, alors que les salles communales restent fermées aux associations, que la vie culturelle est toujours réduite?", pointe du doigt Michel Baylac, lui-même maire de Roquelaure au nord d'Auch. 

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Derrière cela, il y a aussi ce que tous les élus et connaisseurs des processus électoraux redoutent : une abstention record. Les Français, par précaution, pourraient éviter d'aller voter quelque soient les dispositions sanitaires redoublées (gel, distanciation, bureaux en extérieur, nombre de bureaux augmentés, etc). En Haute-Garonne, plus de la moitié des électeurs ne s'étaient pas déplacés au premier et au second tour des municipales l'an dernier. Cela représente 100.000 votes de moins par rapport au scrutin municipal de 2014. Conséquent. Toutefois, il n'existe pas en France de seuil en dessous duquel une élection politique n'est pas valable.

Vote à distance : c'est trop tard pour cette fois

En décembre, le Sénat a examiné la faisabilité du vote à distance. Une mission d'information s'est penchée sur les aspects les plus techniques du vote par correspondance, dont certains réclament le retour, et le vote par Internet. Le sénateur du Tarn Philippe Bonnecarrère fait partie de cette mission, qui a tranché en défaveur de ces modes de scrutin. Explications.

Il est trop tard, d'abord dans les textes, pour modifier le mode de votation. Ensuite techniquement, il faudrait plus de temps

Le vote par correspondance a disparu en 1975, quand le vote par procuraion a été introduit. A l'époque il état organisé par les communes et sous leurs contrôles, ce qui ne pourrait être le cas aujourd'hui. Il a aussi donné lieu à des fraudes qui ont laissé une mauvaise réputation à ce monde de votation. Il est aujourd'hui écarté par nombre de forces politiques, LR et communistes en tête. Ses détracteurs mettent en avant l'usine à gaz qu'il s'agirait de mettre en œuvre. Avec un jeu de quatre enveloppes, une grande pour réexpédier le tout, avec à l'intérieur une deuxième enveloppe certifiant la signature de l'électeur, une troisième avec une photocopie de la pièce d'identité et une quatrième avec le vote. Sans parler du casse-tête pour pouvoir modifier son vote entre l'envoi et la fin du vote. L'organisation serait bien trop complexe à mettre en oeuvre, l'Assemblée Nationale et le Sénat s'y sont opposés.

Le vote par Internet, "on y viendra" admettent tous les élus. Mais 2021 n'a pas sonné son heure, c'est une certitude. Il faut d'abord lancer un marché public, choisir les prestataires, qu'ils conçoivent la plateforme sécurisée. Il faudrait aussi revoir la base électorale, créer des identifiants numériques avec des techniques biométriques pour en assurer la sécurité. "Il faudrait un délai de deux ans", résume Philippe Bonnecarrère.

Reporter alors, mais quand ?

Le report des élections serait tout autant une équation difficile à résoudre. Organiser les élections régionales en septembre ou en octobre rendrait toute campagne quasiment impossible en amont, avec les grandes vacances d'été. En 2022, il y a les présidentielles. Et après, il faudrait reporter au-delà de 18 mois, cela réduirait trop le mandat, le Conseil Constitutionnel pourrait s'y opposer.

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En Occitanie, la présidente PS sortante Carole Delga, le candidat LR Aurélien Pradié se sont publiquement opposés à un nouveau report des élections régionales. Jean-Paul Garraud, pour le RN, ne veut pas non plus d'une nouvelle suspension de la vie démocratique. Antoine Maurice (EELV) n'est pas favorable non plus à dépasser le mois de juin. Vincent Terrail-Novès (sans étiquette, soutenu par LREM) botte en touche "la santé avant tout", en attendant la décision du gouvernement.

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