Faits divers – Justice

Premier jour d’audience au procès des mariages chinois à Tours

Par Géraldine Marcon et Marie-Ange Lescure, France Bleu Touraine et France Bleu mardi 13 octobre 2015 à 15:28

Lise Han ce mardi matin à l'ouverture du procès à Tours.
Lise Han ce mardi matin à l'ouverture du procès à Tours. © Maxppp - Pascale Deschamps

Le procès dit des mariages chinois s’est ouvert ce mardi matin devant le tribunal correctionnel de Tours. Devant les juges, quatre prévenus dont Lise Han, l'ancienne chargée de mission de la ville. La première journée s'est concentrée sur la procédure et l'interrogatoire de Lise Han.

Le procès des mariages chinois s’est ouvert ce mardi matin devant le tribunal correctionnel de Tours *avec* quatre prévenus à la barre et un cinquième homme définitivement absent mais qui intervient dans tous les débats, l’ancien maire de Tours, Jean Germain. A plusieurs reprises, la présidente du tribunal lit de longs extraits des auditions de Jean Germain devant les juges d'instruction. Sept mois après sa mort et bien que l'action publique contre lui soit éteinte, Jean Germain est, avec Lise Han, au cœur de cette affaire.  Cette dernière, toute de noir vêtue, a écouté le tribunal énoncer la liste des marchés publics et des factures qui l'incriminent et pour lesquels elle est soupçonnée de prise illégale d'intérêt, de de tentative d'escroquerie et d'escroquerie**. 

Lise Han défend son travail auprès de la mairie de Tours

Lise Han, debout toute l'après-midi à la barre, s’est exprimée devant la cour, tantôt docile face aux questions de la présidente, tantôt offensive pour défendre son travail, que l'ancien maire a toujours jugé excellent, et sa société Time Lotus créé en 2001. Pour Lise Han, c'est une incompréhension qui est á l'origine de cette affaire. Lorsqu'elle est recrutée en mars 2008 comme collaboratrice de Jean Germain, le maire et la DRH de la Mairie de Tours lui signifient qu'elle doit abandonner la gestion de sa société pour éviter les conflits d'intérêt. Pour Lise Han, cela signifie inscrire le nom de son mari devant la fonction "gérant". Celui-ci viendra dire à la barre qu'il avait fait cela pour rendre service à sa femme et qu'il n'avait été qu'un prête-nom. Ce que confirment d'ailleurs les employés de la société Time Lotus et certains personnels de la mairie de Tours.

On a été piégés - François Lagière, ancien directeur de cabinet de la mairie de Tours

A la barre, l’ancien directeur de cabinet de la mairie de Tours, François Lagière, qui est également poursuivi, a répété "on a fait confiance". C'est une lettre reçue au printemps 2011 d'un administré du Loiret demandant des informations sur la société Time lotus qui concrétisera les doutes de ce proche collaborateur du maire. Il dit en avoir averti Jean Germain. "Et votre mise en garde qu'en a-t-il fait ?" lui demande alors la Présidente. "Rien" répond l'ancien directeur de cabinet alors que ce premier jour de procès se termine.