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Faits divers – Justice

Première journée d'audience dans le procès de la catastrophe ferroviaire de Saint-Médard-sur-Ille

lundi 16 avril 2018 à 20:50 Par Fanny Beaurel, France Bleu Armorique et France Bleu

Le procès de la catastrophe ferroviaire de Saint-Médard-sur-Ille s'est ouvert ce lundi devant le tribunal correctionnel de Rennes. L'accident avait fait trois morts et 45 blessés le 12 octobre 2011.

6 ans et demi après la catastrophe et une longue instruction, le procès s'est ouvert ce lundi
6 ans et demi après la catastrophe et une longue instruction, le procès s'est ouvert ce lundi © Radio France - Fanny Beaurel

Le 12 octobre 2011, en fin d'après-midi, un TER Rennes-Saint-Malo percute un camion au passage à niveau PN 11  de Saint-Médard au nord de Rennes. Le choc est violent et le bilan est lourd  : trois morts et 45 blessés. Il aura fallu attendre six ans et demi avant que ce drame ne soit  jugé. Trois prévenus sont dans le box : le chauffeur du camion et deux personnes morales, la SNCF Mobilités et la SNCF réseau. Tous trois seront entendus ce mardi mais leur responsabilité a déjà été évoqué au premier jour du procès.

L'enquête et les témoins de la catastrophe le disent : le chauffeur du camion s'est engagé sur le passage à niveau alors que les signaux sonores et lumineux étaient déjà activés. Ils l'étaient depuis neuf secondes selon le rapport du Bureau Enquête Accident. La responsabilité du chauffeur ne semble pas faire de doute, quant à SNCF Mobilités et SNCF réseau, elles contestent la leur. Il leur est reproché de ne pas avoir classé ce passage à niveau comme préoccupant alors que trois accidents ont eu lieu au même endroit dans les cinq années qui ont précédé la catastrophe. Le Bureau Enquête Accident avait préconisé ce classement et donc les travaux qui vont avec. 

L'avocat de SNCF Mobilité conteste la responsabilité du groupe dans la catastrophe

Les témoins évoquent un passage à niveaux dangereux

L'un des gendarmes entendu hier décrit les lieux comme "quelque peu périlleux" avec une route sinueuse, un dévers sur la voie ferrée et un passage à niveau qui n'est pas très large. "Si deux gros engins se croisaient dessus, on savait que c'était dangereux" dit une témoin qui passait par là très régulièrement et qui était présente le jour du drame. Le conducteur du train lui aussi évoque la dangerosité du lieu avec la courbe juste avant le passage à niveau qui ne permet pas d'avoir une bonne visibilité et donc de détecter s'il y a un problème. Depuis la catastrophe des travaux ont été effectués. "C'est moins dangereux" raconte un témoin lui aussi habitué des lieux.

Une épreuve pour les parties civiles

Les victimes étaient des dizaines présentes pour ce premier jour. Il y a celles qui ont été blessées et celles qui n'ont pas de traces physiques mais qui sont marquées à vie psychologiquement. A l'ouverture du procès elles sont fébriles, une salle leur a été réservée pour suivre les débat et un psychologue est présent pour les aider si nécessaire.

Laurent Jagut a, lui, perdu, son épouse dans la catastrophe. A l'ouverture du procès, il appréhende de voir le chauffeur du poids lourd : "ça m'a fait fait mal de le voir. Il y a lui qui vit toujours sa vie, moi la mienne a été brisée du jour au lendemain, celle de mon fils aussi. _J'attends que justice soit faite_. Moi je pense que ça peut me faire du bien ce procès, ça peut me faire avancer " raconte très ému Laurent Jagut. 

Le témoignage de Laurent Jagut, époux d'une victime décédée pendant la catastrophe