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"On prend perpétuité" dit la mère du boulanger retrouvé assassiné à Vélines, au premier jour du procès

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Par , France Bleu Périgord

La cour d'assises de la Dordogne juge depuis ce lundi et pour cinq jours les trois assassins présumés de Benjamin Le Borgne, ce jeune apprenti boulanger de Port Sainte Foy retrouvé assassiné à Vélines, en septembre 2016. Au premier jour du procès, les accusés ont maintenu leur version des faits

Lors de la première journée du procès les accusés ont maintenu leur version des faits
Lors de la première journée du procès les accusés ont maintenu leur version des faits © Radio France - Antoine Balandra

Le procès des trois hommes de 22 à 26 ans accusés de l'assassinat du jeune apprenti boulanger de Port Sainte Foy, dont le corps avait été retrouvé sur un terrain très discret de Vélines en septembre 2016 s'est ouvert ce lundi devant la cour d'assises de la Dordogne.

Alcool, cannabis et MDMA

Première journée d'audience consacrée à revenir sur l'enquête. Sur les multiples versions des trois accusés durant l'instruction. Tous ont à nouveau reconnu avoir été présents ce soir là. Tous ont reconnu avoir bu beaucoup d'alcool et consommé du cannabis et pour certains de la MDMA.

Mais aucun ne reconnaît avoir porté les 13 coups de couteaux mortels sur Benjamin Le Borgne, le jeune boulanger âgé à l'époque de 24 ans.

Alors qui a fait quoi cette nuit du 21 au 22 septembre 2016 ? Pas sûr que la famille du jeune boulanger trouve finalement la réponse à ces questions. Car ce lundi dans le box, les trois accusés ont rapidement douché les premiers  espoirs de vérité.

Tous ont bien avoué avoir été là la nuit du crime. L'un des accusés, Luc, reconnaissant même avoir donné un coup de bouteille de whisky à la victime. Mais personne pour assumer les 13 coups de couteaux. La succession des auditions des proches des accusés n'apportant pas d'avancée notoire. Et cela jusqu'au témoignage du "frère de cœur" de Valentin, un jeune homme avec qui il a grandi et qui avait recueilli ses confidences. 

Bagarre qui aurait mal tourné ?

A la barre ce jeune homme explique que selon lui, la mort du boulanger de Vélines n'a rien d'un assassinat. Il s'agirait plutôt d'une bagarre qui aurait mal tourné sur fond d'alcoolisation massive et de drogue. Laissant entendre que les trois accusés seraient tous impliqués dans la mort du boulanger.

"Est-ce que cette version est bien exacte ?"demande alors le président à Valentin. "Oui, c'est exactement cela répond le jeune homme".

Peut être un premier pas vers la vérité dans une journée où l'accusé principal, Valentin, a multiplié les réponses agacées, voire insolentes envers le président, faisant preuve d'une grande agressivité dans ses propos.

Une famille toujours très durement touchée

Ce grand jeune homme brun, au visage encore enfant a pourtant gardé les yeux baissés durant l'essentiel des débats. Sa maman, puis son papa ont défilé à la barre pour décrire un enfant gentil, naïf, immature sans doute au parcours chaotique en matière scolaire, ponctué aussi par une alcoolisation massive et la prise de plusieurs drogues. "Mais qui ne ferait de mal à personne", dira sa mère.

Pourtant quand le président lui pose des questions qui le mettent en difficulté, l'accusé s'énerve très vite. Sa deuxième version par exemple évoquant un dépit amoureux vis à vis de la victime pour expliquer son assassinat ? "Elle m'a été susurrée à l'oreille par les gendarmes", dit l'accusé.

"Je ne suis pas bisexuel, c'est n'importe quoi" s'emporte-t-il. "Vous avez plutôt intérêt à répondre aux questions plutôt que de vous emporter", lui répond le président. Qui rappelle ses nombreuses inscriptions sur des sites de rencontres entre hommes.

"J'ai gâché ma vie, si un jour j'ai la chance d'avoir un fils, je l’appellerai Benjamin" — Valentin, l'accusé principal, pendant son audition

Le président insiste : "Ce ne sont pas les gendarmes qui ont inventé cette phrase lors de votre audition, quand vous dites : « J'ai gâché ma vie, si un jour j'ai la chance d'avoir un fils, je l’appellerai Benjamin » (NDLR/ le prénom de la victime)." Long silence de l'accusé.

Tout cela sous les yeux de la famille de Benjamin Le Borgne, la victime, dont tous les membres avaient enfilé un t-shirt blanc simplement agrémentée d'une photo du jeune boulanger et de l'inscription "Je suis Benjamin"

La famille de Benjamin Le Borgne veut connaître la vérité sur la mort du jeune apprenti boulanger
La famille de Benjamin Le Borgne veut connaître la vérité sur la mort du jeune apprenti boulanger - Famille Le Borgne - DR

"Cela fait trois ans presque que nous attendons ce procès car nous voulons la vérité, la justice pour notre fils. Notre vie a changé depuis sa mort, on prend perpétuité en fait", dit sa maman, Isabelle Fily.

"Pour notre fils, on essaye d'être dignes, de se tenir correctement. Ma justice à moi, ce serait qu'ils prennent le maximum", dit encore la mère de Benjamin Le Borgne. "Je suis sous traitement, pour tenir un peu le coup. Mais il faut être forte moralement. C'est vrai que j'ai tellement pleuré que je ne peux plus... Cela vous mange, cela vous ronge de l'intérieur", dit-elle

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