Faits divers – Justice

Près de 1.000 médecins ont été agressés en 2013

France Bleu mercredi 2 avril 2014 à 8:54

Le refus de prescrire des médicaments est l'un des principaux motifs d'agression
Le refus de prescrire des médicaments est l'un des principaux motifs d'agression © MaxPPP

Les violences envers les médecins sont en hausse constante : selon le Conseil national de l'ordre des médecins, 925 déclarations d'agressions ont été remplies par des médecins, soit plus de 100 de plus qu'en 2012. Des violences essentiellement verbales, dont les généralistes sont les premières cibles.

Sur près de 120.000 médecins en activité, près d'un millier a été victime d'agressions, physiques ou verbales, en 2013. Le Conseil national de l'Ordre des médecins a dévoilé mardi son bilan pour l'année dernière : 925 fiches de rapport d'agression ont été remplies par les médecins, contre 798 en 2012. C'est largement au-dessus de la moyenne des onze dernières années , qui s'élève à 689. Et encore, "ce n'est que la partie immergée de l'iceberg ", car ces déclarations sont facultatives, selon Bernard Le Douarin de l'observatoire pour la sécurité du Conseil de l'Ordre.

Chiffre rassurant : la part des coups et blessures physiques est en baisse dans ce chiffre, à 11%. En revanche, la hausse constante des agressions verbales et des menaces, engagée en 2006, se confirme cette année avec 43% de la totalité des agressions. Dans neuf cas sur dix, l'agressé est directement le praticien, et dans la moitié des agressions, c'est le patient qui joue le rôle de l'agresseur. En première ligne arrivent les généralistes (58% des victimes), suivis par les ophtalmologues.

Vols d'ordonnanciers et de tampons

Pourquoi ces agressions ? La raison principale semble être, selon les déclarations des médecins, le mécontentement de la prise en charge. Viennent ensuite le refus de prescription de médicaments - ou d'un arrêt de travail, et le temps d'attente. Un tiers des faits rapportés sont des faits de vol ou de tentative de vol liés au refus de prescription : les ordonnanciers et les tampons sont les plus visés par ces vols. Mais les agressions peuvent aussi être beaucoup plus violentes : couteau, hache, voire parpaing ou canne figurent parmi les armes citées.

Conséquence de ce chiffre inquiétant, une nouvelle campagne de sensibilisation va être menée auprès des professionnels de santé pour les aider à prévenir les réactions violentes des patients. "Les médecins sont formés à soigner, pas à traiter ce genre de comportement face auxquels ils peuvent se retrouver perdus ou démunis ", explique Bernard Le Douarin. Dans 71 départements, un dispositif d'aide permet aux médecins d'être accompagnés en cas d'agression . "Il doit être décliné dans chaque département ", demande Bernard Le Douarin.