Faits divers – Justice

Près de 150 personnes à la cérémonie d'hommage à Mis et Thiennot

Par Gaëlle Fontenit, France Bleu Berry jeudi 29 décembre 2016 à 20:50

Les portraits de Raymond Mis et Gabriel Thiennot
Les portraits de Raymond Mis et Gabriel Thiennot © Radio France - Gaëlle Fontenit

Alors que l'on commémore le 70ème anniversaire du début de "l'Affaire Mis et Thiennot", plus de 150 personnes se sont réunies ce jeudi soir au Poiçonnet en mémoire des épreuves subies par les deux hommes et six de leurs compagnons en 1946.

Etait-ce le froid mordant ? Etait-ce l'émotion palpable ? Sans doute un peu des deux. Quand dans la nuit du Poinçonnet, devant les portraits de Raymond Mis et Gabriel Thiennot, l'artiste berrichon Fredobert a entonné sa chanson hommage "Les Persiennes", le silence déchiré par les accords de guitare vibrait d'une empreinte singulière.

Etait-ce la solennité du moment ? Ou bien le souvenir des épreuves traversées par Raymond Mis, Gabriel Thiennot et leurs six compagnons ? "Nous sommes les enfants de Mis et Thiennot". Quand, par ces mots Léandre Boizeau, président du comité de soutien, a conclu son discours, la foule est restée figée un instant avant d'applaudir.

Jean Paul Chanteguet, Isabelle Bruneau et de nombreux élus berrichons - Radio France
Jean Paul Chanteguet, Isabelle Bruneau et de nombreux élus berrichons © Radio France - Gaëlle Fontenit

La voix tremblante, emmitouflée dans un épais manteau, Jeanine Thiennot remercie ceux qui ont fait le déplacement. Discrète, la veuve de Gabriel, accompagnée de deux de ses fils, confie : "Ça fait beaucoup de bien, de voir tous ces gens qui nous soutiennent. Vous savez, on y pense tous les jours. Mon mari aurait été très heureux".

Bientôt 25 communes hors la loi

Cette cérémonie aura aussi été l'occasion pour le comité de soutien de rappeler la démarche entreprise par 20 communes qui ont d'ores et déjà donné le nom de Mis et Thiennot a un lieu public. "20 communes, bientôt 25 qui baptisent un lieu, une salle, une place du nom de gens reconnus coupables par la justice... C'est quand même unique ! Il serait peut être temps qu'on regarde ce qui se passe dans l'Indre" s(agace Thierry Thiennot, l'un des fils de Gabriel.

Tous portaient en eux l'espoir d'une révision du procès. Une issue peut être toute proche : le député indrien Jean-Paul Chanteguet a déposé une proposition de loi qui permettrait la révision des procès lorsque les aveux des accusés ont été obtenus sous la torture. "En matière de calendrier, mon objectif est de faire inscrire à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale cette proposition de loi fin février 2017. Le Sénat devrait faire de même..." promet le député.