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Près de 300 bébés flamants bagués à Aigues-Mortes après un nombre de naissances exceptionnel

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Par , France Bleu Gard Lozère, France Bleu

Malgré les contraintes sanitaires liées au Covid-19 qui ont réduit leur effectif cette année, les bénévoles ont bagué près de 300 nouveaux nés flamants roses mercredi sur le site des Salins du Midi à Aigues-Mortes (Gard). Une opération tout en douceur et en efficacité.

Un jeune flamant repart à l'eau équipé de ses deux bagues d'identification aux pattes.
Un jeune flamant repart à l'eau équipé de ses deux bagues d'identification aux pattes. © Radio France - Natacha Kadur

IIs sont déjà près de 75.000 flamants bagués à l’échelle du bassin de la Méditerranée. Cette année, il y en aura 300 de plus grâce aux bénévoles qui ont participé à l’opération annuelle d’identification des poussins nés il y a quelques semaines sur le site des Salins d’Aigues Mortes, dans le Gard.

Dans le contexte particulier de la crise sanitaire liée au Covid- 19, les effectifs des bénévoles ont été réduits : ils étaient une quarantaine contre près de 200 auparavant. Habituellement, l’organisation de bénévoles se fixe un objectif de 800 poussins à baguer.

Le rabattage démarre dans l'eau, vers 6h du matin, pour privilégier un moment calme pour les animaux.
Le rabattage démarre dans l'eau, vers 6h du matin, pour privilégier un moment calme pour les animaux. © Radio France - Natacha Kadur

Des conditions favorables aux naissances

Et pourtant, l’année a été exceptionnelle en termes de naissance. Près de 12.000 poussins ont été observés, contre 1.000 à 1.500 en moyenne tous les ans. Le confinement aurait-il été bénéfique pour booster la population d’oiseaux ?

En tout cas, "nous avons eu moins de trafic aérien, moins de nuisances”, détaille Florence Saki, directrice de la communication du Groupe Salins. C’est sur les 8000 hectares de marais salants de l’entreprise que les élégants volatiles ont choisi de s’installer depuis quelques années.

Avec 35 années de métier, Thierry Marmol, gardien de la propriété du site camarguais, observe depuis de nombreuses années "une vraie prise de conscience de la richesse qu’on a sur les salins et de la nécessité de la préserver, voire de l’augmenter ". Le Groupe Salins et ses collaborateurs sont investis pour aider les flamants à se sentir comme chez eux : "En leur créant des îlots, ou en aménageant des espaces sanctuarisés".

Les bénévoles sont repartis en équipe où chacun a un rôle pour porter, mesurer, peser, baguer puis relâcher l'animal.
Les bénévoles sont repartis en équipe où chacun a un rôle pour porter, mesurer, peser, baguer puis relâcher l'animal. © Radio France - Natacha Kadur

Une organisation bien rodée

Au début des années 70, Sylviane Johnson a participé aux premières opérations de baguage qui ont lieu d’abord sur les Salins Giraud dans les Bouches-du-Rhône puis à Aigues-Mortes. Pour elle, c’est toujours un bonheur d’assister à ces opérations qui permettent aux ornithologues et aux scientifiques de développer leurs connaissances de ces animaux pour mieux les protéger

Cela permet de suivre leurs déplacements et de savoir où vont les flamants, ce qu’ils font, comment ils vivent. Parmi les premiers flamants ayant été bagués il y a près de 40 ans, certains sont encore vivants.  - Sylviane Johnson

Pour le baguage, seule une partie d’entre eux est rabattue et capturée pour être identifiée. "L’idéal est de choisir les poussins âgés d’au moins deux mois, pour qu’ils soient suffisamment robustes, et de maximum trois mois, car ensuite ils commencent à savoir voler et il devient impossible de les attraper", explique Coralie Hermeloup, directrice de la communication de la Tour du Valat.

L’institut de recherche, qui mène cette opération conjointement avec le Groupe Salins, est spécialisé dans l’étude des zones humides méditerranéennes comme les marais salants, où les flamands ont élu domicile. Pour elle, l’animal est un formidable ambassadeur de la biodiversité locale.

L’opération peut être une source de stress pour ces fragiles échassiers. C’est pourquoi l’organisation et les bénévoles redoublent de discipline pour mener l’opération de manière efficace, avec la plus grande délicatesse. Les flamants auront été capturés pendant moins de deux heures. 

Nous faisons tout pour être très organisés, pour que cela se passe le plus vite possible mais de manière sereine. - Coralie Hermeloup, directrice de la communication de la Tour du Valat.

Coralie Hermeloup, Directrice de la communication de la Tour du Valat

C'est la première fois que Maxime participe à l'opération : il transporte délicatement chaque flamant de l'enclos vers l'atelier de baguage.
C'est la première fois que Maxime participe à l'opération : il transporte délicatement chaque flamant de l'enclos vers l'atelier de baguage. © Radio France - Natacha Kadur

Dans l'univers de ces animaux sauvages

Toute la journée, les bébés flamants vivent regroupés en "crèche" : quelques adultes se relaient pour les garder, tandis que les autres parents partent en recherche de nourriture pour les petits : "Ils y passent près de 15 heures par jour", précise Coralie Hermeloup. Ils se nourrissent principalement de la crevette artemia, qui vit dans les lacs salés. C'est l'absorption régulière de ce nutriment riche en carotène qui colore progressivement les plumes de flamants en rose.

Près de 35.000 d’entre eux vivent aujourd’hui sur la zone. Les poussins naissent après le retour annuel des échassiers migrateurs aux Salins.   "Cette année, tous les oiseaux adultes sont arrivés le 1er avril, et les pontes ont commencé dans la semaine qui a suivi , témoigne Thierry Marol. Les plus jeunes d’entre eux ont environ trois semaines.” 

Le flamant est un animal peureux qui parfois se montre curieux des équipements. Ici, il grignote le masque d'André.
Le flamant est un animal peureux qui parfois se montre curieux des équipements. Ici, il grignote le masque d'André. © Radio France - Natacha Kadur

L’opération fait le bonheur des scientifiques mais aussi de tous les bénévoles et ornithologistes amateurs. Pour eux, c’est une occasion rare et privilégiée d'être au contact de ces animaux sauvages sur ce site camarguais grandiose.

C’est une vraie passion. Ce milieu, les animaux, tout ça c’est bien, c’est super. C’est vrai ! -  André Mézy, un flamant lové contre sa poitrine

Avec les bénévoles de l'opération baguage.

A 8h30, il ne reste plus que quelques dizaines de poussins à baguer dans l’enclos, et chacun finira par en porter un pour avoir le plaisir de les voir se remettre à l’eau, équipés de leurs nouveaux bijoux aux pattes.

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