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Faits divers – Justice

Présidence de Radio France : le CSA met un terme au mandat de Mathieu Gallet

mercredi 31 janvier 2018 à 15:20 - Mis à jour le mercredi 31 janvier 2018 à 19:31 Par La rédaction de France Bleu, France Bleu

Le Conseil supérieur de l'audiovisuel a annoncé ce mercredi qu'il retirait son mandat de président de Radio France à Mathieu Gallet, suite à sa condamnation pour favoritisme, le 15 janvier dernier.

Mathieu Gallet, le 31 août 2016.
Mathieu Gallet, le 31 août 2016. © AFP - Matthieu Alexandre

Le CSA a décidé ce mercredi de retirer son mandat à Mathieu Gallet, président de Radio France, à compter du 1er mars. Les sept membres du Conseil assurent, dans un communiqué publié ce mercredi soir, avoir révoqué Mathieu Gallet au nom de "l'intérêt général" et du "bon fonctionnement de Radio France", et précise qu'ils ont "en particulier estimé que pour assurer dans de bonnes conditions la gestion d’une société détenue à 100 % par l’Etat, il importe que les relations d’échange et de dialogue entre les représentants de l’Etat et le président-directeur général de la société soient denses, confiantes et permanentes, dans un contexte de réforme majeure de l’audiovisuel public annoncée par le pouvoir exécutif."

C'est la première fois dans l'histoire que le CSA démet de ses fonctions l'un des présidents de l'audiovisuel public. Les avocats de Mathieu Gallet ont dénoncé "une pression de l'Etat plus forte que la présomption d'innocence". Ce dernier peut encore déposer un recours de cette décision devant le Conseil d'État. Recours suspensif, comme l'explique franceinfo ci-dessous, le temps que les juges rendent leur décision.

Le gouvernement souhaitait son départ

Mathieu Gallet, en poste depuis 2014, a été condamné le 15 janvier à un an de prison avec sursis et 20.000 euros d'amende pour avoir favorisé deux sociétés de conseil lorsqu'il présidait l'Institut national de l'audiovisuel (INA). Il est soupçonné d'avoir commandé près de 400.000 euros de prestations à deux sociétés de conseil sans avoir respecté les règles des marchés publics. 

Depuis cette condamnation, dont il a fait appel, le gouvernement souhaitait le départ de Mathieu Gallet. La ministre de la Culture Françoise Nyssen avait en effet jugé son maintien "inacceptable", au nom d'un devoir d'exemplarité des dirigeants d'entreprises publiques. Mathieu Gallet avait exclu de démissionner.

Un intérim dans un climat d'inquiétude

Selon les statuts de Radio France, c'est le doyen des administrateurs de l'entreprise nommés par le CSA qui doit assurer l'intérim à la tête du groupe public. En l'occurrence, il s'agirait de Jean-Luc Vergne, 69 ans, ancien DRH de plusieurs grands groupes (Sanofi, Elf Aquitaine, PSA, BPCE), qui a intégré le conseil d'administration de Radio France fin 2016. Selon Le Monde, l'administrateur, nommé en décembre 2016, devra d’abord dire s’il accepte cette mission.

Jean-Luc Vergne, ancien DRH de plusieurs grands groupes (Sanofi, Elf Aquitaine, PSA, BPCE), assurera l'intérim. - Maxppp
Jean-Luc Vergne, ancien DRH de plusieurs grands groupes (Sanofi, Elf Aquitaine, PSA, BPCE), assurera l'intérim. © Maxppp -

Le Conseil supérieur de l'audiovisuel doit ensuite désigner officiellement un successeur à Mathieu Gallet, au terme d'un processus qui peut prendre plusieurs mois.

C'est un grand sujet de préoccupation pour nous tous, les perspectives sont assez sombres" - Jean-Paul Quennesson, délégué Sud à Radio France

"La  première réaction [...], c'est la plus grande préoccupation que nous avons manifestée dès le début de cette affaire pour le sort de Radio France et de ses salariés", a réagi Jean-Paul Quennesson, délégué Sud au sein de l'entreprise, sitôt la nouvelle annoncée. "La moindre des choses est que nous soyons reçus urgemment par le gouvernement et notamment la ministre de la Culture pour que nous puissions avoir les meilleures assurances pour l'avenir", a réclamé le syndicaliste sur franceinfo, en allusion au projet de réforme de l'audiovisuel public annoncé par Emmanuel Macron avant la fin de cette année 2018.

Même son de cloche du côté du SNJ Radio France, qui a réclamé par communiqué "la suspension des discussions sur la réforme de l'audiovisuel public", en attendant que la maison ronde retrouve "un dirigeant légitime".