Faits divers – Justice

Quatre mois fermes pour les auteurs des vols et du saccage de l'école primaire Christophe Plantin à Saint-Avertin

Par Marie-Ange Lescure, France Bleu Touraine vendredi 13 janvier 2017 à 19:41

12 mois de prison dont 8 mois avec sursis, obligation d'indemniser les victimes, de trouver une formation pour les 3 auteurs des vols et du saccage de l'école primaire Christophe Plantin à Saint Avertin
12 mois de prison dont 8 mois avec sursis, obligation d'indemniser les victimes, de trouver une formation pour les 3 auteurs des vols et du saccage de l'école primaire Christophe Plantin à Saint Avertin © Maxppp - Maxppp

Seulement 3 prévenus hier sur les bancs du tribunal correctionnel de Tours pour répondre du saccage et des vols de l'école primaire Christophe Plantin à Saint Avertin le week-end du 7 et 8 janvier dernier, les 3 jeunes ont été condamnés à 12 mois de prison dont 8 avec sursis.

Ils sont 3 : 18, 19, 20 ans tous SDF. Ils se lient d'amitié dans la rue, se retrouvent dans des squats. Tous en rupture familiale. L'un a été placé en famille d'accueil à 5 ans, l'autre a commencé à déraper et a préféré quitter sa mère pour ne pas lui causer plus de soucis, le troisième n'a jamais connu son père, et son beau-père s'est montré violent avec lui au point que la justice est jugée nécessaire de le protéger. Ils ont commencé des CAP de cuisine et d'électricité sans aller au bout. Ils rêver de se trouver une coloc pour vivre tous les trois. Au lieu de ça, ils ont erré de squat en hébergement d'urgence.

Dans la nuit du samedi au dimanche 7 et 8 janvier 2017, 2 des prévenus partent en ballade le samedi soir et décident de "se faire l'école" ... Ils sautent le portail et trouvent une fenêtre, disent-ils, mal fermée ! Ils entrent, fouillent le bureau du directeur et "visitent" l'ensemble des classes. Ils repartent avec des ordinateur, rétroprojecteur mais aussi avec de la nourriture . En rentrant se coucher dans un squat à Saint-Avertin, ils racontent leur bon coup aux autres squatters qui, à leur tour, le dimanche matin vont fouiller et saccager l'école. Une dernière visite aura encore lieu le dimanche soir.

Le lundi matin, l'alerte est donnée à 6h30 par les personnels de service qui viennent ouvrir l'établissement scolaire avant l'accueil des enfants. Le directeur aussitôt prévenu a dit hier le choc ressenti lorsqu'il a découvert l'école saccagée, les bureaux retournés et les salles de classe visitées, les matériels emportés et la cantine pillée. " pour nous", dit-il à la présidente du tribunal, "c'est grave, l'école c'est un sanctuaire et depuis cette affaire, on est pas serein". Il dira aussi son étonnement de ne voir que 3 prévenus devant les juges.

et sur ce point particulier, il sera suivi par les avocates de la défense. Toutes les trois mettront diront que le compte n'y est pas ! il y a 13 squatters et au moins 7 d'entre eux ont participé aux vols et aux dégradations, "mais ils ne sont que 3 pour payer pour tous" dira la première avocate à plaider pour la défense.

2 des prévenus reconnaissent qu'ils ont forcé les portes et cassent des vitres pour entrer, qu'ils sont repartis avec des objets volés et de la nourriture, mais nient farouchement et même un brin d'indignation d'avoir saccagé l'école. Le troisième à comparaître dira même que son rôle s'est borné à celui de "porteur" lors de la dernière visite des cambrioleurs le dimanche soir.

Reste que tous dans leurs déclarations devant les policiers mais aussi devant leurs juges, disent qu'ils étaient beaucoup plus nombreux à participer et notamment ils parlent "des belges". Pas un surnom mais bien 3 jeunes squatters de nationalité belge, qui seraient allés le dimanche matin vers 6h30 avec leur voiture, volés du matériel informatique, des rétroprojecteurs ou encore des télés avant de charger leur voiture et filer vers la Belgique.Une fois la porte ouverte par les deux premiers cambrioleurs, le reste de la bande est donc revenu se servir le dimanche et finir les dégradations dans l'école. Une dernière virée aura encore lieu le dimanche soir car il restait semble-t-il encore du matériel à emporter.

Le Lundi matin, au vu de l'état de l'école et pour permettre le déroulement de l'enquête, les enfants n'ont pas pu être accueillis et ceux qui ne pouvaient pas être gardés par leur famille ont découvert choqués le saccage de leur salle de classe.

Lorsque la police investit le squat, ils sont 13 garçons et filles présents. Les policiers découvrent une partie du butin et emmènent en garde-à-vue 4 jeunes dont un belge. Au final, ils ne seront que 3 à comparaitre pour vols et dégradations en réunion, en comparution immédiate. Deux d'entre eux n'avaient pas de casier judiciaire. Une situation exceptionnelle qui fera dire aux avocats que ce procès et ces interpellations ont lieu "pour faire de la communication, pour répondre à l'émotion du saccage de l'école" au détriment de l'enquête.

Pour la procureure, l'affaire est entendue, ce sont des décérébrés dira-t-elle qui s'en sont pris à une école, qui tentent d'embrouiller l'affaire alors qu'ils ont reconnu tous les 3 leur participation. Elle demande une peine de 7 mois de prison avec mandat de dépôt à l'audience.

Les trois avocats de la défense poseront la même question : Où sont les autres ?

Où sont les 13 autres squatters dont 7 au moins ont participé à cette razzia ? où sont les belges et leur voiture chargé d'une partie du butin ? qui a volé quoi ? qui a fait exactement quoi dans ce week-end ? la justice française prévoit dit l'une des avocates que la réponse soit individualisée avant de demander comme ses 2 consoeurs un sursis avec mise à l'épreuve, obligation d'indemniser les victimes et de se former.

Ils ont été condamné à 12 mois de prison dont 8 avec sursis et pour éviter de terminer en prison, ils vont devoir apporter rapidement la preuve de leur entrée en formation et de leurs moyens pour indemniser les victimes. La Mairie de Saint Avertin partie civile dans cette affaire, a fait une estimation toujours provisoire de son préjudice à 18 000 euros. Au total, il se monterait en incluant l'Education Nationale, à 30 000 euros.

Le Directeur d'école présent à l'audience n'a réglé que 1 euro symbolique de dommages et intérêts "l'école est faite pour éduquer pas pour enfoncer des gens" a-t-il argumenté

Le plus jeune a pu après l'audience rentrer chez lui avec ses parents. Les deux autres sont retournés à la rue