Faits divers – Justice

Prison de Rennes : une cérémonie inter-religieuse en hommage aux victimes des attentats

Par Sarah Mansoura, France Bleu Armorique mardi 9 août 2016 à 19:28

Le centre pénitentiaire de Vezin le Coquet, près de Rennes
Le centre pénitentiaire de Vezin le Coquet, près de Rennes © Radio France - Sarah Mansoura

Mardi, au centre pénitentiaire de Vezin-Le-Coquet près de Rennes, une trentaine de détenus a assisté à une cérémonie oecuménique animée par les aumôniers de différentes religions. Objectif : se recueillir en souvenir des victimes des attentats de Nice et de Rouen.

La scène était inhabituelle dans la salle des cultes du centre pénitentiaire de Vezin-le-Coquet, près de Rennes. Une trentaine de détenus a pris place, ce mardi après-midi, sur les chaises en plastique disposées par les aumôniers de la prison, venus pour une fois tous ensemble. Seul le représentant du culte juif a dû s'excuser.

Les représentants religieux se sont succédé pour lire des textes profanes et sacrés. Comme un symbole, l'hommage aux victimes des attentats de Nice et de Saint-Etienne-du-Rouvray a débuté par la lecture d'un extrait du texte d'Antoine Leiris, mari d'une des victimes de l'attaque du Bataclan, en novembre 2015.

Présentation du texte d'ouverture, d'Antoine Leiris

Silencieux, les détenus ont écouté la succession des prises de parole, rythmées par les références à l'Ancien, au Nouveau testaments, et au Coran.

Il n'y a pas de guerre sainte. Seule la paix est sainte. (Mohammed Loueslati, aumônier musulman)

A l'approche de la fin de la cérémonie les détenus ont été invités à écrire un mot ou une question de leur choix sur un post-it. L'un d'entre eux, Karimou, a choisi "unité".

On est tous dans le même bateau, parce que quand les terroristes attaquent, ils ne nous demandent pas notre religion... Aujourd'hui on est tous là, parce qu'on est tous ensemble, soudés, on ne doit pas mettre de barrières entre nous. Je pense que c'est comme cela qu'on pourra avancer. (Karimou, détenu)

Joëlle Favre ne cache pas son sourire à la fin de la célébration. L'aumônière se déplace plusieurs fois par semaine, bénévolement, pour rencontrer les détenus catholiques. Elle espère désormais que ce type d'initiative, proposée par l'administration pénitentiaire de Vezin, pourra se reproduire.

Joëlle Favre "Cela demande du travail"