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Faits divers – Justice DOSSIER : Mouvement des "gilets jaunes"

Prison ferme pour les casseurs à Avignon

lundi 3 décembre 2018 à 18:58 Par Philippe Paupert, France Bleu Vaucluse et France Bleu

Le tribunal a infligé des peines de 9 mois à un an de prison ferme après les violences commises lors des manifestations de gilets jaunes samedi dernier à Avignon. Aucun des accusés n'a évoqué le mouvement des gilets jaunes. Le procureur de la République parle du niveau néant de conscience politique.

La rue de la République a été le théâtre d'échanges tendus entre manifestants et gilets jaunes.
La rue de la République a été le théâtre d'échanges tendus entre manifestants et gilets jaunes. © Radio France - Lila Lefebvre

Avignon, France

Pour ne pas surcharger l'audience ordinaire du tribunal correctionnel d'Avignon, les six personnes interpellées samedi lors des manifestations des gilets jaunes samedi étaient jugées en comparution immédiate lundi lors d'une audience spéciale. 

Pas des gilets jaunes, mais des casseurs selon le procureur

Le procureur l'a martelé tout l’après-midi : "On n'a pas affaire à des manifestants. Ce gilet jaune, c'est un camouflage. On a affaire à des casseurs, lâchement cachés dans une foule d'énergumènes"

Un homme de 23 ans, venu de Remoulins avec un ami a été identifié grâce aux caméras vidéo en train de lancer des pierres sur les CRS devant la préfecture. Il regrette son geste et plaide l'effet de groupe. Le tribunal lui inflige neuf mois de prison ferme et neuf mois avec sursis. 

Un homme de 33 ans - pas du tout un gilet jaune selon sa compagne - a regretté les pierres lancées avec une raquette de tennis. Un CRS avait été touché sans être blessé. Il dit qu'il n'a pas réfléchi. La présidente lui demande alors "on dit quoi aux gamins terrorisés par votre guérilla urbaine en plein Avignon". Pas de réponse : "Ce silence", souligne le procureur, "c'est le niveau néant de la conscience politique" de cet homme condamné à un an de prison ferme. 

Effet de groupe ou pétage de plomb

La présidente du tribunal a évoqué "une ville à feu et à sang, une ville dévastée, des destructions invraisemblables" avant de demander comment ces hommes ont pu participer à une "guérilla urbaine dans un scénario de pure méchanceté". Aucune réponse, tous regrettent les jets de projectiles et évoquent l'effet de groupe ou un "sentiment de révolte au moment de péter les plombs".

Un ancien syndicaliste de La Poste de 59 ans avait copieusement insulté les CRS samedi. Il avait même arraché une grille de bouche d'égout pour la lancer sur les policiers. Il regrette le geste mais "depuis des années, je suis révolté" dit-il. Le procureur considère que l'homme a appelé au lynchage. "C'est parce que je suis un pauvre, un pauvre désespéré" tente de répliquer l'accusé. Le tribunal le condamne à neuf mois de prison ferme, six avec sursis.