Faits divers – Justice

Prison ferme requise contre Pierre Siméon de Buochberg

Par Hélène Battini, France Bleu RCFM mercredi 26 octobre 2016 à 9:19

Pierre Siméon de Buochberg, maire de Prunelli di Fiumorbu
Pierre Siméon de Buochberg, maire de Prunelli di Fiumorbu © Radio France

Le maire de Prunelli di Fiumorbu, est accusé de détournements de fonds publics et prise illégale d’intérêts. Pour cela, le procureur de la république de Bastia a requis deux ans de prison dont un avec sursis, 20 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité.

Pierre Siméon de Buochberg, le maire de Prunelli di Fiumorbu, conseiller départemental et président de l’association des maires ruraux de Corse, était jugé ce mardi soir par le tribunal correctionnel de Bastia pour détournements de fonds publics et prise illégale d'intérêts. Le procureur de la République a requis à son encontre une peine d'un an de prison ferme assorti d'un sursis simple, une amende de 20.000 euros et cinq ans d'inéligibilité. Il lui est reproché d'avoir utilisé entre 2012 et 2015 le versement d'une subvention destinée à une radio associative de la Costa Serena qui ne fonctionnait plus depuis plusieurs mois pour financer l'emploi d'une chargée de communication à la mairie de Prunelli di Fiumorbu. Selon le pôle économique et financier de Bastia, à l'initiative de cette enquête, environ 80 000 euros auraient été détournés dans ce but. Une thèse qui a toujours été rejetée par le maire et son avocat. Tout comme lors de l'audience ce mardi soir au tribunal correctionnel de Bastia. « Je n'ai fait qu'exécuter ce qui a été décidé lors de mon conseil municipal, à savoir la mise en place d'un service de communication au travers de l'association Costa Serena FM initialement déclarée comme étant une radio locale. » Cette explication a été à plusieurs reprises répétée par Pierre Siméon de Buochberg face au tribunal. Son avocat, Me Gérard Tiberi, dénonce une incohérence de la justice.

« On poursuit généralement devant les tribunaux correctionnels les gens qui violent la loi et là on poursuit quelqu’un qui l’a appliquée…l’enquête demandait que l’on entende au moins les conseillers municipaux, or ni le conseil municipal ni le préfet n’ont été entendus… Sur les qualifications, personne n’est d’accord, la chambre des comptes, elle dit qu’il n’y a pas d’infraction, par conséquent il y a un vrai problème et de faits et de qualifications… Les réquisitions sont totalement sur l’association, or mon client est poursuivi en ce qui concerne l’exécution du budget… »

Me Gérard Tiberi, avocat de Pierre Siméon de Buochberg

Dans le passé judiciaire de Pierre Siméon de Buochberg, une récente condamnation a en revanche été mentionnée. Dans une affaire de prise illégale d'intérêts, il avait écopé en avril 2016 d'une interdiction d'exercer tout emploi dans le public et d’un an de prison avec sursis.

Le soutien des élus

Ce mardi soir, dans la salle d'audience, beaucoup d'élus. Des maires de la côte orientale mais également des conseillers départementaux de la Haute-Corse étaient présents pour soutenir Pierre Siméon de Buochberg. Jean-Baptiste Paoli, le maire de la commune de Solaro, en faisait partie. Il est venu aussi dénoncer l'intolérance de l'institution judiciaire. Selon lui, impossible pour un maire d'être spécialiste dans tous les domaines.

« J’estime qu’exercer le métier de maire est extrêmement difficile…c’est facile de jeter l’opprobre sur des gens qui tous les jours se dévouent pour gérer une commune…Ce qui lui est reproché est lamentable, ça tient sur pas grand-chose, on nous demande d’être spécialistes en tout, on ne peut pas, c’est impossible. Il y a des choses beaucoup plus condamnables que ça, il n’a pas détourné d’argent, en tout cas à titre personnel, et je ne vois pas pourquoi on demanderait son inéligibilité, pour moi ce sont des élucubrations, c’est n’importe quoi ! »

Jean-Baptiste Paoli, maire de Solaro

La décision du tribunal correctionnel de Bastia sera rendue le 24 janvier 2017.

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