Faits divers – Justice

Amiante à l'hôpital de Besançon : le CHU devant la justice

Par Olivia Chandioux et Christophe Mey, France Bleu Besançon et France Bleu mercredi 28 septembre 2016 à 14:17

Chantier interdit au public pour cause de désamiantage
Chantier interdit au public pour cause de désamiantage © Maxppp - PHOTOPQR/NICE MATIN/Eric DULIERE

L'hôpital Minjoz de Besançon est jugé mercredi et jeudi pour "mise en danger de la vie d'autrui". Selon les syndicats, l'hôpital n'aurait pas informé ses agents de maintenance que de l'amiante se trouvait dans les locaux. De son côté, le CHU réfute avoir violé les règles de sécurité.

Le procès de l'hôpital Minjoz s'est ouvert ce mercredi pour deux jours au tribunal correctionnel de Besançon. Le CHU comparaît pour "mise en danger de la vie d'autrui". La justice lui reproche d'avoir laissé des agents de sécurité et des techniciens de maintenance travailler sans protection dans des faux plafonds et des gaines techniques où la présence d'amiante était connue depuis 2006. L'hôpital réfute totalement avoir violé les règles de sécurité en matière d'amiante. 48 agents du CHU ont déposé plainte, ainsi que les syndicats CFDT, FO, CGT et SUD, et le CHSCT, le comité d'hygiène et sécurité de l'établissement.

Pourquoi avoir tant tardé à prendre les mesures de protection du personnel ?" - le président du tribunal

C'est fin 2009 que le CHU décide de désamianter la tour Minjoz, dans le cadre de la restructuration de l'hôpital. A cette date, la présence de l'amiante est donc connue. "Pourquoi avoir tant tardé à prendre les mesures d'information et de protection du personnel ?", demande le président à l'audience mercredi matin. Car les incidents datent de 2010 et 2013, alors que les ouvriers sont en plein travail. Dans la réponse du directeur des travaux, on voit la ligne de défense de l'hôpital : "On n'avait pas toutes les informations précises sur la présence de l'amiante. Tout cela est très complexe à mettre en oeuvre car il faut assurer en même temps la continuité des soins."

L'enquête judiciaire met en avant les manquements de l'hôpital

On a l'impression que le CHU s'adaptait à la situation au fur et à mesure qu'il découvrait l'ampleur du problème amiante. Avec souvent un temps de retard. Car tant le rapport de l'inspection du travail que l'enquête judiciaire mettent en avant les manquements de l'hôpital qui a laissé sciemment des agents intervenir dans des poussières d'amiante.

A l'ouverture du procès ce mercredi matin, la salle était pleine à craquer : 31 plaignants ont fait le déplacement. Le jugement sera sans doute mis en délibéré.