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Faits divers – Justice

Cyclisme et dopage : "Lance Armstrong n’a pas payé sa faute" selon Christophe Moreau

dimanche 5 novembre 2017 à 17:25 Par Nicolas Wilhelm, France Bleu Belfort-Montbéliard

Lance Armstrong comparaît ce lundi devant un tribunal de Washington. L'Etat américain lui réclame 100 millions de dollars. Suspendu lui-même pour dopage en 1998, l'ex-pro belfortain Christophe Moreau estime que l'méricain n'a pas encore payé pour tout le mal qu'il a fait au cyclisme.

Lance Armstrong peut se préparer à affronter les micros et caméra lors de son procès qui l’oppose à l’Etat américain
Lance Armstrong peut se préparer à affronter les micros et caméra lors de son procès qui l’oppose à l’Etat américain © Maxppp - Cédric Meravilles

Belfort, France

Il a gagné sept Tours de France entre 1999 et 2005 mais il a avoué s’être dopé. Ces titres lui ont depuis été retirés. Lance Armstrong comparaît à partir de ce lundi devant la justice de son pays. L’ équipe pour lequel il courait à l’époque était l' U.S. Postal, le service public de la Poste américaine. L'Etat lui réclame aujourd'hui d’énormes dommages et intérêts.

Plus que le procès Armstrong, c’est le procès d'un système, celui du dopage organisé au sein d'une équipe qui s'ouvre ce lundi à Washington. Christophe Moreau comprend la position de l'Etat américain. « Les sommes de ces victoires en course n’ont jamais été restituées. Il est sûrement redevable de quelque chose. Il a fauté, il a avoué » rappelle le belfortain.

L'affaire Festina ? J’y pense tous les jours !

Ce procès nous ramène aux heures les plus sombres du cyclisme. Christophe Moreau n’a pas oublié son exclusion du Tour de France 1998 avec ses coéquipiers de l’équipe Festina dont le leader Richard Virenque. « Armstrong doit assumer ses responsabilités comme nous l’avons fait avec l’équipe Festina. Il y a eu une sanction, j’ai payé ma faute, j’ai reçu grave comme on dit ce qui m’a permis ensuite de rebondir mais j’y pense tous les jours. On ne passe pas pour des victimes mais on ne nous a pas fait de cadeaux. Jusqu'à maintenant, Armstrong lui n’a pas payé sa faute, son dépassement de ligne. Pour lui, c’est malheureux à dire mais il faut aller au bout des choses » estime Christophe Moreau qui avait été suspendu six mois à l’époque du scandale Festina après avoir avoué en garde à vue avoir utilisé des produits dopants.

Si j’ai mis ma santé en danger ? Oui, c’est probable !

L’ex-pro, désormais installé en Suisse, sait qu’il a probablement mis sa santé en danger avec le dopage. « C’était des choses qui pouvaient être certainement nocives. Mais on avait la tête dans le guidon. On avait toujours le choix de faire les choses. Moi, j’ai fait le choix de le faire. Je n’ai pas respecté les règles et j’ai été sanctionné. Je n’en ai pas pris non plus pendant des dizaines d’années. Cela me permet de croire que j’aurai une santé comme tout le monde, pas pire qu’un gros fumeur ou qu’un grand alcoolique. J’en suis convaincu, mais c’est clair qu’on peut toujours avoir ce petit doute de dire quelles seront conséquences plus tard, quand j’aurai 60 ans. Mais aujourd’hui, je n’ai pas la réponse » indique Christophe Moreau.

Armstrong avait une organisation autour de lui

Selon Christophe Moreau qui a participé à 15 Tours de France dans sa carrière, terminant 4ème en 2000, l’organisation du dopage au sein de l’équipe U.S Postal était beaucoup plus élaboré qu’au sein de la formation Festina. « Le dopage était répandu, c’était les années EPO. Mais après 1998 et l’affaire Festina, Armstrong a su déjouer tous les contrôles qui avaient évolué grâce ou à cause de nous. Lui a mis en place une organisation humaine, technique, financière. Il avait une organisation autour de lui. Des années après, on s’est rendu compte que dans les équipes d’Armstrong, c’était bien pire » analyse Christophe Moreau qui a porté deux jours le maillot jaune en 2001 après un succès dans le prologue. L’organisation mise en place autour de l’américain avait largement dépassé le scandale Festina selon le belfortain désormais établit en Suisse.

Aujourd'hui, je veux croire en un cyclisme propre

En tant qu'observateurs, Christophe Moreau ancien consultant pour Eurosport dit faire confiance aux instances. Il pense que le peloton est débarrassé du dopage. « Les contrôles sont devenus très rigoureux pour les coureurs. Aujourd’hui, vous êtes contrôlables de 6h du matin à 23h. Tout au long de l’année, vous devez donner une localisation heure par heure avec un bilan biologique, des contrôles inopinés à la maison, en compétition, hors compétition » explique le belfortain, champion de France en 2007. Christophe Moreau constate que les jeunes coureurs français arrivent désormais à faire des podiums dans les grandes épreuves comme Thibault Pinot ou Romain Bardet, ce qui n’était pas le cas dans les années Armstrong. « Même si un Christopher Froome jette quelques fois un peu l’effroi, on voit qu’il est prenable » analyse l’ancien pro.

Christophe Moreau en jaune sur le Tour de France trois ans après l’affaire Festina - Maxppp
Christophe Moreau en jaune sur le Tour de France trois ans après l’affaire Festina © Maxppp - Mondelo

En 2012, Lance Armstrong a été déchu de ses sept victoires dans le Tour de France entre 1999 et 2005. Après des années de dénégations et une suspension à vie, l’américain a attendu janvier 2013 pour reconnaître à la télévision américaine qu'il avait effectivement eu recours au dopage. Attaqué aujourd’hui par la justice de son pays, il explique que l'Etat américain n'a subi aucun préjudice car l'U.S. Postal serait sorti largement bénéficiaire de son contrat de sponsoring. Pour le juge, c’est à un jury de le dire et à personne d’autre. L'U.S. Postal service a versé plus de 32 millions de dollars à l'équipe cycliste, aujourd'hui dissoute. Les débats promettent d’être animés devant le tribunal de Washington…