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Faits divers – Justice DOSSIER : L'affaire Bernard Preynat

Procès Barbarin : le témoignage glaçant d'une victime agressée par le père Preynat

mardi 8 janvier 2019 à 20:09 - Mis à jour le mercredi 9 janvier 2019 à 6:40 Par Denis Souilla, France Bleu, France Bleu Saint-Étienne Loire, France Bleu Isère et France Bleu Pays d'Auvergne

Accusé d'inaction face à leurs souffrances, le cardinal Barbarin a fait face mardi, pour la première fois, devant le tribunal correctionnel de Lyon, aux victimes d'un prêtre pédophile de son diocèse.

Philippe Barbarin, au premier jour de sa comparution devant le tribunal correctionnel à Lyon
Philippe Barbarin, au premier jour de sa comparution devant le tribunal correctionnel à Lyon © AFP - Jeff Pachoud

Lyon, France

Au cours du procès Barbarin mardi à Lyon, le premier homme à avoir porté plainte pour agressions sexuelles contre un ancien prêtre lyonnais a expliqué qu'il s'était d'abord tourné vers le cardinal, pensant qu'il était "le seul" à pouvoir agir. L'archevêque de Lyon est poursuivi depuis lundi, devant le tribunal correctionnel de Lyon, comme cinq anciens responsables de son diocèse, pour non-dénonciation d'agressions sexuelles dans le cadre de l'affaire Preynat.

"Ma première relation sexuelle, je l'ai eue avec Preynat à 10 ans"

C'est un témoignage bouleversant qui a résonné mardi à la barre du tribunal correctionnel de Lyon. Celui d'un plaignant au procès Barbarin qui a décrit sans détour les agressions subies dans son enfance. 

Laurent Duverger, âgé de 50 ans aujourd'hui, est inscrit par ses parents aux scouts d'une paroisse de la région lyonnaise en 1978. L'aumônier, le père Bernard Preynat, lui demande de le suivre dans son bureau : "c'est là que je subis ma première agression sexuelle". Cela dure "plus de trois ans", jusqu'à l'été 1982. "Le souvenir de la dernière est particulièrement atroce, parce qu'elle intervient en public" : dans un bus, le prêtre lui "caresse le sexe jusqu'à l'érection", raconte-t-il.  

En 1990, à 21 ans, sa mère lui demande d'être "prudent" avec sa petite amie de 18 ans. Il crève alors l'abcès : "maman, arrête de me prendre la tête, ma première relation sexuelle, je l'ai eue avec Preynat, à 10 ans".  Sa mère lui dit de ne jamais en parler, "surtout pas à son père". Il tient 14 ans, jusqu'à ce que "tout explose" en 2004 après un divorce. Il se confie à une thérapeute mais ses parents ne l'aident toujours pas. 

"Pourquoi ne pas avoir porté plainte dès 2011 ?"

En 2011, une connaissance lui fait rencontrer la bénévole du diocèse Régine Maire, qui fait partie des mis en cause au procès ouvert depuis lundi à Lyon. Avec le cardinal Barbarin et d'anciens membres du diocèse, elle est poursuivie pour non-dénonciation d'agressions sexuelles par neuf victimes du prêtre. Régine Maire assure à Laurent Duverger, selon ses dires, que "l'Église est devenue une maison sûre" et elle lui propose de rencontrer l'archevêque de Lyon, ce sera finalement l'évêque auxiliaire Thierry Brac de la Perrière, aujourd'hui évêque de Nevers, qui comparaît également au procès. Laurent Duverger lui confie les agressions qu'il a subies et Thierry Brac de la Perrière lui dit que le diocèse a le père Preynat "à l’œil" et qu'il n'est plus au contact d'enfants. 

Interrogé mardi matin par le tribunal, l'évêque a nié avoir tenu ces propos. "Pourquoi ne pas avoir porté plainte dès 2011 ?", demande au plaignant la présidente, Brigitte Vernay. "A cette époque-là, je suis seul face à une famille qui ne veut rien entendre et seul face à une institution", répond Laurent Duverger, reconnaissant qu'il n'a pas cherché à en savoir davantage sur le prêtre : "on m'a dit qu'il était hors d'état de nuire, ça me suffisait".  Ce qu'il considère aujourd'hui comme "un mensonge".