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Procès Bardon: où est la vérité dans les témoignages des proches de Willy Bardon?

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Par , France Bleu Picardie

Au 9ème jour du procès en appel de Willy Bardon six personnes ont été entendues. Cet homme de 46 ans est le meurtrier présumé d'Elodie Kulik en janvier 2002 dans l'est de la Somme. Les témoins sont venus réécouter l'appel au secours de la victime.

L'entrée du palais de justice de Douai
L'entrée du palais de justice de Douai © Radio France - Marie-Gaëtane Comte

Il y a ceux qui sont catégoriques et qui déclarent sans hésiter "c'est lui"

Comme l'ex compagne de Grégory Wiart, dont l'ADN a été retrouvé sur la scène de crime et qui est mort en novembre 2003 dans un accident de voiture. 

Elle a toujours dit reconnaître formellement son ex conjoint qu'elle appelle "l'autre", parce qu’elle entend "hein" dans l'appel de 26 secondes qu'Elodie Kulik a passé aux pompiers à 00h21 ce soir du 11 janvier 2002 à Cartigny, juste avant d'être enlevée, séquestrée, violée, étranglée et brûlée. Et ce "hein" elle en est sûre, c'est lui. Pour l'autre voix masculine, il ne peut selon elle, que s'agir de celle de son bon copain de l'époque, Willy Bardon. 

Mais quel crédit accorder à ce témoignage? L'ADN de cette femme, le rappelle la défense, a été retrouvé sur le préservatif, à moitié déroulé et laissé sur le lieu du crime. Enceinte de 7 mois au moment des faits, elle a alors changé plusieurs fois de version lors de ses nombreuses auditions chez les gendarmes. "Quelle est la dernière, la bonne version" interroge l'un des avocats de la défense? "C'est que j'avais des rapports sexuels avec mon conjoint et que je craquais avec la bouche tous les préservatifs que je trouvais". 

Il y a ceux qui, avec le recul, pensent qu'ils ont été influencés par les gendarmes

C'est le cas du frère de Willy Bardon qui n'a jamais affirmer reconnaître la voix de son frère. Comme il l'avait dit au moment de ses auditions, il a répété à la barre "je reconnais des intonations, mais je ne dis pas que c'est lui." A la barre il nous a expliqué qu'après coup, il a eu le sentiment que sa réponse ne plaisait pas aux enquêteurs "on essayait de m'influencer pour que j'incrimine mon frère". 

Même chose chez le témoin suivant qui se présente comme la belle-sœur de l'accusé. Son compagnon a été placé en garde à vue à l'époque. Au même moment elle a été entendu par les gendarmes dans un cadre "illégal" a soutenu la défense. « On m’a mis la pression, ça m’a marqué parce qu’en sortant j’étais déboussolée. On m’a dit que mon conjoint était sur les lieux du crime. » Elle écoute au casque l’enregistrement de l’appel aux pompiers et déclare (comme à l’époque) « j’ai rien reconnu franchement. Pour moi c’est inaudible. »

Il y a celui qui fait volte-face

Comme le neveu de Willy Bardon, « j’ai été recueilli par ma grand-mère, la mère de l’accusé, et j’ai vécu comme ça jusqu’à mes 20 ans. » Quand il a entendu l’enregistrement la première fois, il a dit avoir reconnu la voix de Willy Bardon. Aujourd’hui il explique qu’il a subi la pression des gendarmes. "Ils m’ont mis un nom dans la tête et je leur ai donné et j’ai été soulagé, ils m’ont laissé tranquille après".

« Vous faites partie du comité de soutien de Willy Bardon? » demande la partie civile. « Oui ». « Alors si les gendarmes vous ont mis la pression pourquoi en sortant de la garde à vue, quand vous étiez seul sans gendarme, vous dites au téléphone à votre compagne, à celle de Willy Bardon et au frère de l’accusé que vous avez reconnu sa voix ? » insiste Me Didier Seban."Je me suis trompé". 

Pour apporter la preuve de son changement d'attitude, la défense a demandé qu'on regarde la vidéo de la confrontation entre Willy Bardon et le témoin qui date de janvier 2013. On voit les deux hommes assis côte à côte et menottés. Le témoin pleure et dit « c’est flagrant, j’ai écouté j’ai demandé qu’on arrête ça m’a fait une grosse boule. Ça m’arrache le cœur mais c’est lui. »

Willy Bardon se défend « c’est pas moi je n’ai pas fait ça. Je vais partir en prison là. On dirait ma voix mais c’est pas moi je te promets ».

Ce vendredi d'autres témoins vont venir redire à la barre si ils reconnaissent ou non la voix de Willy Bardon sur cet enregistrement. 

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