Faits divers – Justice

Procès Bettencourt à Bordeaux : "César de la délinquance" attribué à François-Marie Banier

Par Stéphanie Brossard, France Bleu Gironde jeudi 19 février 2015 à 19:28

Maîtres Benoît Ducos-Ader (gauche) et Arnaud Dupin (droite) au palais de justice de Bordeaux (archives).
Maîtres Benoît Ducos-Ader (gauche) et Arnaud Dupin (droite) au palais de justice de Bordeaux (archives). © Maxppp - Fabien Cottereau

Avant les réquisitions ce vendredi, les avocats des parties civiles ont plaidé devant le tribunal correctionnel de Bordeaux au procès Bettencourt. Avec une cible particulière : le photographe François-Marie Banier.

Les avocats de la Défense auront la parole la semaine prochaine. C'était au tour ce jeudi des quatre avocats des parties civiles : Jean-Victor et Nicolas, les petits fils de Liliane Bettencourt, Françoise Meyers sa fille, mais aussi son tuteur Olivier Pelat. Parmi eux, deux Bordelais, Arnaud Dupin et Benoît Ducos-Ader. Pour eux, "les dix prévenus sont entrés dans la salle du coffre et s'y sont prélassés " en profitant de la vulnérabilité de Liliane Bettencourt, "sans manifester aucun remord" durant les débats. Parmi les dix prévenus renvoyés pour abus de faiblesse depuis quatre semaines devant le tribunal correctionnel de Bordeaux, ils en ont visé trois en particulier: le photographe François-Marie Banier, le gestionnaire de fortune Patrice de Maistre, et l'avocat Pascal Wilhelm .

"Il y a une une brochette pas banale sur ce banc des prévenus. Il manquait juste un président de la République. ça aurait pu arriver. Ce qu'ils ont fait est d'une grande bassesse"   — Maitre Ducos-Ader

Mention spéciale, selon maître Ducos-Ader, à François-Marie Banier, "le confident devenu gourou" qui **"mériterait le César de la délinquance" .

Pour maître Ducos-Ader "Banier est hors norme"

"François-Marie Banier a parfaitement prémédité ses actes. Il n'est pas l'hurluberlu sympathique qui roule en vélomoteur plutôt qu'en Rolls." — Maître Ducos-Ader

Juste avant, Arnaud Dupin a évoqué l'instruction du juge Gentil  "qui a été une cible" parce qu'il fallait bien "l'empêcher de faire constater la vulnérabilité" de l'héritière de l'Oréal, à travers ce collège des experts qu'il a nommé, avec en tête Sophie Gromb , professeur au CHU de Bordeaux "décriée, attaquée, victime d'une campagne abjecte dans la presse" . "C'est vrai qu'à Paris, on ne la connaît peut-être pas !?" a ironisé Maître Dupin.

"Chacun a pris des millions" raconte maître Dupin

"Les enregistrements ont permis de démontrer que chacun a joué un rôle. Et ça a été savamment orchestré." — Maître Dupin

Les deux avocats Bordelais dans leurs plaidoiries n'ont eu de cesse de rappeler le statut de "victime" de Liliane Bettencourt. Et de citer les dix sur le banc des prévenus. Un "véritable cabinet noir" , "une bande organisée" , avec "le César de la délinquance" à remettre sans conteste à François-Marie Banier .

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