Faits divers – Justice

Procès Bettencourt : de la prison ferme requise pour Banier et de Maistre, la relaxe pour Woerth

Par Stéphanie Brossard, France Bleu Gironde vendredi 20 février 2015 à 16:47 Mis à jour le vendredi 20 février 2015 à 17:57

François-Marie Banier au procès Bettencourt à Bordeaux
François-Marie Banier au procès Bettencourt à Bordeaux © Maxppp

Après un mois de procès à Bordeaux, le ministère public a requis ce vendredi trois ans de prison ferme (la peine maximale) contre François-Marie Banier et trois ans de prison dont 18 mois ferme contre Patrice de Maistre. Le procureur de la République Gérard Aldigé requiert en revanche la relaxe pour l'ancien ministre UMP Eric Woerth et l'entrepreneur Stéphane Courbit.

Place aux réquisitions dans le procès Bettencourt, qui se tient à Bordeaux depuis un mois. Ce vendredi après-midi, le procureur de la République Gérard Aldigé a requis la peine de trois ans de prison ferme et 375.000 euros d'amende, la "peine maximale prévue par la loi" (et confiscation des biens saisis) pour des faits d'abus de faiblesse, à l'encontre de l'ex-confident de la milliardaire Liliane Bettencourt, le photographe, François-Marie Banier, et une peine de trois ans de prison, dont 18 mois avec sursis, et 375.000 euros d'amende pour son ex-gestionnaire de fortune et homme de confiance Patrice de Maistre. Même peine pour Martin d'Orgeval, le compagnon de François-Marie Banier.

Relaxe requise pour Eric Woerth

Relaxe requise en revanche pour Eric Woerth. Selon le procureur, il n'y a "pas de preuves", même s'il y a "des coïncidences troublantes". Il n'y a pas de charges suffisantes pour l'ancien ministre et ex-trésorier de l'UMP, comme pour l'entrepreneur audiovisuel Stéphane Courbit.

Enfin, il est reconnu qu'Eric Woerth n'a rien à faire dans ce dossier, a expliqué à la sortie du tribunal maître Le Borgne, l'avocat d'Eric Woerth, le était d'ailleurs le seul à faire face aux micros et caméras, les autres avocats de la défense ayant filé en douce.

"enfin" pour Maître Le Borgne

"François-Marie Banier, le chef de meute, qui avait fait de Liliane Bettencourt, sa chose, sa marionette, dont il tirait les fils" — Le procureur Gérard Aldigé dans ses réquisitions

Banier, "gourou", "araignée qui tisse sa toile", "chef de meute"

 La charge la plus lourde lors de ce réquisitoire a été dirigé contre François-Marie Banier qu'il a qualifié, tour à tour, de "gourou", "d'araignée qui tisse sa toile", de "chef de meute", face à une milliardaire devenue "sa chose", "sa marionnette". C'est "lui qui tirait les fils", profitant des largesses de celle qui était devenue "une midinette" face à lui. Puisqu'il la connaissait depuis les années 90, il ne pouvait pas ignorer sa vulnérabilité à partir de 2006.

"400 millions d'euros soutirés entre 2006 et 2011, l'équivalent du budget de la Région Limousin". — Le procureur Gérard Aldigé

A force de "manipulations et séductions", il l'a isolée de sa famille en appuyant sur les deux failles de l'héritière de l'Oréal : son besoin d'être reconnue et sa souffrance d'une relation peu satisfaisante avec sa fille. François-Marie Banier a ainsi touché plus de 400 millions d'euros sur cette seule période de 2006/2011. C'est "l'équivalent du budget de la Région Limousin" a précisé le procureur.

François-Marie Banier a donc été le chef de meute. Il est coupable d'abus de faiblesse, aux côtés de Patrice de Maistre, l'ex-gestionnaire de fortune, et homme de confiance "qui a trahi pour rejoindre la meute". Et de Martin d'Orgeval, "l'ombre de Banier", son compagnon, "qui n'a rien perdu de ce festin" car "il dépend financièrement de Banier comme Banier de Liliane Bettencourt".

Au total, dix hommes sont jugés depuis quatre semaines devant le tribunal correctionnel de Bordeaux, soupçonnés d'avoir profité à des degrés divers de la vulnérabilité de l'héritière de L'Oréal, aujourd'hui âgée de 92 ans.

 

 

 

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